Avent IV Lumière

Lumière

L’Avent est un cheminement. Une fois dans l’année, mais pour toute la vie, dans l’attente que Dieu vienne et accomplisse ce qu’il a promis.

En marche, à l’écoute de ce qui s’est passé, et de ce qui est promis.

En Texte

Tu attends

Est-ce que tu te prépares?

Ce que tu attends, tu l’as déjà rencontré,

C’est au départ de ta vie, de ton existence,

Elle l’a traversée, dans les pulsations de ton sang, dans les vibrations de ta voix, dans les replis de ton esprit.

Elle vient à toi dans le souffle qui remplit tes poumons, dans les mots que l’on t’adresse, dans les contacts bienfaisants, protecteurs ou guérissants.

C’est déjà arrivé, et cela arrivera encore : et tu te prépares.

La lumière arrive

Pour le dire comme Israël le disait en son temps : Christ arrive.

Comme les anges l’ont annoncé et l’annoncent de tout temps,

Présence dans l’obscurité, amour dans l’adversité, réponse aux questions sans fin,

Seul roi, seul seigneur et seul maître de toute éternité,

Porteur de lumière, de joie, de justice et de paix dans le monde, sur la terre comme au ciel.

Et tu l’attends.

Annie Lennox – Into the West

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Avent III Flamme

Flamme dans le noir

L’Avent est un cheminement. Une fois dans l’année, mais pour toute la vie, dans l’attente que Dieu vienne et accomplisse ce qu’il a promis.

Que feras-tu de ce que tu reçois, quand ça arrivera ?

Flamme

En texte

Petite lumière.

Tu tiens dans ma main.

Je pourrais t’utiliser. Faire de toi un fanal, un soleil qui briserait les ténèbres de la nuit. Tu serais à mon service.

Je pourrais te mettre dans mon poêle, ou dans mon four, pour produire de l’énergie, maximiser ce que tu me donnes.

Je pourrais te garder chez moi, au secret, pour que personne ne sache que je te possède, pour profiter de ta chaleur.

Je pourrais aussi te lâcher dans la nature, te laisser consumer, tout embraser et mettre un terme à tout.

Je pourrais te laisser là, te laisser te consumer et partir, ailleurs.

Je pourrais…

… je peux faire une chose ou l’autre.

Petite lumière.

Que dois-je faire de toi ?

The Unforgettable Fire – U2

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Avent II Lampes

Une ville de lampes

L’Avent est un cheminement. Une fois dans l’année, mais pour toute la vie, dans l’attente que Dieu vienne et accomplisse ce qu’il a promis.

Où se trouve l’obscurité ? Nous avons tout pour nous en défaire : lampes, guirlandes et led à foison. Et pourtant, une ligne semble se maintenir, troublant les fronts de la lutte.

Lampes

Musique d’arrière-fond “Vacation”, Alan Wake OST, de Petri Alanko.

Alan Wake

En écrivant mon article aujourd’hui, j’avais particulièrement à l’esprit le jeu Alan Wake, auquel j’avais joué sur Xbox 360, il y a maintenant déjà quelques années.

Je vous recommande de visionner ce petit bijou. ça se laisse suivre comme un film !

Visionage complet du jeu Alan Wake en Fr.

En texte

Depuis la dernière fois qu’on s’est vu, dans l’obscurité, je me suis fait une réflexion. En fait, il ne fait jamais nuit. Tant qu’on a des batteries.

Armement

Nos lampes nous permettent de faire fuir la moindre tache d’ombre. Un seul click et le combat est gagné.

Tout le long de l’année, les led dans nos vitrines et les lampadaires le long de nos rues, ou sur le bord de nos routes, sont une vigile quotidienne : un rempart contre la nuit.

Mais en décembre, chaque année, on assiste à quelque chose de spécial, comme un armement généralisé. Lorsque les nuits se rallongent, nos murs, nos fenêtres, nos portes, nos arbres et les haies de nos jardins se bardent d’instruments de combats. Chaque couleur criante supplémentaire est comme une munition rajoutée à un arsenal intarissable.

Et ça fait rêver. On est en sécurité : l’obscurité a perdu.

L’obscurité a perdu ?

Lutte onirique

On rêve.

Dans certains jeu vidéo (du style du survival horror), ton arme ou ta ressource la plus vitale est une lampe de poche.

Dans des mondes où règne l’obscurité, où des créatures monstrueuses te traquent et t’attendent dans le noir, ta plus grand angoisse sera de ne plus avoir assez de pile ou de batterie pour arriver au bout de ton chemin.

Au bout d’un moment tu comprends les mécaniques du jeu. Tu galères, mais tu arrives à finir les scènes d’action en vie, voire même avec de la réserve pour attaquer la suite et au bout d’un moment tu finis le jeu.

Mais en fait, quand tu joues à ces jeux, tu remarques que tu ne fais pas que de “jouer” (un en sens un peu trivial) : tu vis une histoire, souvent avec les codes littéraire du fantastique – ou alors plus spécifiquement, avec ceux de l’horreur. En général, la clef de ces genres, c’est que précisément tu ne sauras jamais tout : ni du protagoniste, ni du monde que tu arpentes, ni de ce qui s’est passé.

Il demeure toujours un de mystère et une ligne d’obscurité infranchissable. Par contre, le protagoniste – toi-même? – a été mis en lumière au fil de cette histoire. L’obscurité n’était pas où on l’attendait et le monstre que tu combattais, n’était pas celui qu’on pensait.

La fin de ces jeux laisse une note douce-amère, où tu ne sais pas vraiment ce que tu as réussi, ou même si tu as réussi…

L’histoire se raconte

Du coup, quand je regarde les guirlandes qui clignotent à tous les coins de rue, les lampes qui traversent l’obscurité de leur trait, je suis tenaillé par une question : que se passera-t-il quand il n’y aura plus de batterie?


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Avent I Obscurité

Photo de Lucas Pezeta provenant de Pexels

L’Avent est un cheminement. Une fois dans l’année, mais pour toute la vie, dans l’attente que Dieu vienne et accomplisse ce qu’il a promis.

La première étape, c’est de dire là où l’on se trouve.

Assis dans l’obscurité

Avent I – Obscurité

Psaume 137

Assis, perdus, détruits, en pleurs, nous nous souvenons de la vie des temps heureux avec Dieu.

Nous avons pendu nos instruments de musique aux saules pleureurs. Ceux qui nous ont mis là nous réclament des chansons entraînantes. Ils nous disent : “Allez! Chantez-nous un gospel qui donne la pêche!”

Comment pourrions-nous le faire alors que nous ne savons plus où nous en sommes?

Si je t’oublie ma patrie spirituelle, alors que j’oublie aussi tout le reste ! Que je devienne muet si je t’efface de mes pensées, si je ne te fais plus passer avant tout le reste.

N’oublie pas mon Dieu, ceux qui voulaient tout détruire de ce que nous avons construit avec toi.

Mais éliminer autrui, c’est se mettre en posture d’être éliminé à son tour. Comment ne pas nous réjouir de la destruction future de ceux qui nous ont détruits? Et la loi du plus fort finit par avoir raison des fruits qu’elle a elle-même engendrés.

Heureux qui en fera table rase!

Christian Vez, Les Psaumes comme je les prie, 2019

Merci à Céline Jaillet pour la lecture de ce psaume !

Une reprise parmi une autre…

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De heal à tank – Des rôles dans la vie

Rôle MMO

Il y a quelques temps Benoit Ischer publiait sur Open Source Church un article qui m’avait touché au coeur, sur la manière de comprendre les rôles dans le travail en équipe : Pour moi, le travail en équipe, c’est comme dans les jeux en ligne…

Vas lire cet article avant de continuer.

Un bout d’expérience

Moi-même j’ai joué assez intensément à World of Warcraft (WoW) pendant un temps (surtout les périodes Burning Crusade jusqu’à Cataclysm – et reprenant de temps en temps, mais jamais sur la durée).

J’ai aussi touché un peu à d’autres MMO durant cette période (Lord of the rings online ; star wars : the old republic ; secret world ; Guild Wars II ; etc. ).

Et oui : c’est vrai, on apprend beaucoup du travail en équipe dans ces jeux. Non seulement au niveau du jeu en équipe (donjons, raids, Player VS Player), mais aussi en terme de gestion de groupe. Dans les MMO il y a souvent des systèmes de guildes, qui regroupent parfois des centaines de joueurs. J’ai moi-même pendant un temps été Maître de Guilde sur WoW : une période très formatrice.

Même si en ce moment je ne joue pas à un MMO, je garde le bagage d’expérience accumulé durant cette période précieusement dans ma besace. Et la proposition de Benoit de penser la gestion d’équipe à partir de la trinité tank/heal/dps est stimulante !

La trinité en bref

Rapidement ce que développe Benoit :

Tank : rôles de leadership ; caractéristiques importantes : résilience, charisme, courage, abnégation. Dans le jeu, c’est lui qui concentre sur lui l’attention des ennemis et évite que les autres joueurs ne prennent des dégâts.

Heal : rôles de soutien / care / stress management ; caractéristiques importantes : empathie, réactivité, stratégie, abnégation. Dans le jeu, il a pour rôle de maintenir le niveau de vie des joueurs au plus haut.

DPS : rôles d’exécution ; caractéristiques importantes : passion, communication, coordination, humilité. Dans le jeu, il a pour rôle de descendre la vie de l’ennemi.

Dans les faits, la déclinaison des rôles peut être plus variées et il y a différents styles, ou manières, de gérer un rôle – d’où souvent la présence des systèmes de classes, ou des embranchements types dans des arbres de compétences.

Mon rôle dans le jeu

Dans le jeu, j’ai la majeure partie du temps joué Heal. J’appréciais en effet beaucoup l’aspect de “vision d’ensemble” qui allait avec ce rôle. En retrait, tu es obligé d’avoir une bonne perception de l’ensemble de la situation pour maintenir tout le monde à flots – ce qui implique aussi d’anticiper les pics de dégâts qui peuvent advenir au cours d’un combat. Être heal implique aussi de bien connaître la stratégie.

Je ne voulais pas être tank : trop exposé, avec un côté “le nez dans le guidon”. Je ne voulais pas être DPS : trop compétitif. De plus, l’avantage d’être heal, c’est que t’es plus ou moins certain de toujours trouver de la place dans un groupe ! (Idem pour tank).

Mes rôles dans la vie

Heal de coeur

Pendant un temps, j’ai toujours pensé que j’étais plutôt un heal : peur de me mettre en avant, pas fan de la compétition, tendance à l’empathie, attentif à l’état de stress des groupes, etc. ça a aussi été l’une de mes motivations pour me lancer en théologie : faire quelque chose où dans la finalité professionnelle on accompagne des humains.

De fait, dans la Protection Civile, c’est l’un des rôles que je tiens. Je fais partie de la Cellule de Soutiens, qui est en gros le care team de la protection civile. Nous n’interviendrons jamais sur le terrain s’il y a une intervention avec confrontation potentielle à la mort. Par contre nous serons là pour accueillir et accompagner les personnes suite à l’intervention, leur donner accès à leurs ressources pour redémarrer dans le quotidien. Au sein de la PCi, notre fonction prime sur le grade : nous sommes des partenaires de discussion pour tous les échelons de la hiérarchie.

J’ai également un peu ce rôle de heal au Séminaire de Culture Théologique où je coach les étudiants-es sur leurs travaux, ou à la faculté de théologie dans mon rôle d’assistant. En tant qu’auxiliaire pédagogique ou assistant, je ne fais pas le travail à la place des étudiants-es (DPS) et ce n’est pas moi qui donne la direction du cours (Tank). Par contre j’ai une visions d’ensemble qui me permet de soutenir tant les étudiants-es que le professeur dans leur quête commune : réussir la formation !

Tank en développement

Comme je le disais au début, j’ai aussi été Maître de Guilde en jeu. En fait, c’est une fonction que je me découvre en ce moment dans d’autres contextes. Plus jeune, je ne pouvais pas vraiment l’assumer, parce que j’avais trop peur de décevoir. Je ne faisais pas assez confiance à mon intuition et j’avais toujours peur de ne pas être aimé – c’est pas tout à fait fini ça d’ailleurs.

Tank pour faire plaisir

Je n’ai jamais joué tank. Par contre j’ai été pendant un certain temps Maître de Guilde sur le jeu, avec des rooster numériquement assez important (une centaine de personnes au pic). C’était émotionnellement très épuisant. Je voulais satisfaire tout le monde, tout en essayant de tenir un rythme correct au niveau de nos activités. Le problème, c’est qu’avec cette fatigue émotionnelle, je pouvais parfois devenir très autoritaires durant nos donjons ou nos raids – vu que ça m’arrivait aussi de faire Raid Leader.

Ce qui était étonnant, c’est que dans ma vie quotidienne je me suis retrouvé plusieurs fois à des postes de présidence avec une attente de leadership, alors même que je n’avais pas forcément l’assise intérieure pour. J’ai été président de la troupe de théâtre Hercule Savinien (2013-2015), j’ai été vice-président de l’association des étudiants en théologie de la FTSR (pas long) et récemment je me suis retrouvé président de la Société Vaudoise de Théologie.

Le problème, c’est que je pense qu’au départ j’ai pris ces postes pour “faire plaisir”, alors que je n’avais pas du tout ce qu’il fallait en terme de résilience et de compétence de leadership : déléguer, énoncer des objectifs clairs, faire des bilans, etc. En gros, vous avez un tank qui en même temps veut healer les gens et faire du DPS – ce qui n’est pas tenable.

Tank assumé

Récemment j’ai découvert en profondeur ce que ça veut dire que d’être enfant, ou fils de Dieu. Ce qui a passablement changé la donne dans ma capacité à guider des projets (cf. Galates 4,7) – peut-être que j’écrirai une fois quelque chose à ce sujet.

Pour un bout, si je me retrouvais à ces postes de tank, ce n’était pas uniquement pour faire plaisir. C’est aussi parce que j’ai des éléments de visions, je veux faire avancer les choses et faire aboutir les projets.

Toujours à la protection civile, j’ai fait la formation pour être chef de groupe. Dans ce cadre tu apprends ce que c’est que de diriger une équipe : là non plus, ce n’est pas à toi d’être l’exécutant. Tu dois avoir un pas de recul pour pouvoir toujours garder la visibilité sur ce qui se passe. Par contre, contrairement à ce que je fais dans la cellule de soutien, en tant que chef de groupe tu dois être sur le terrain, tu fais partie du “combat”. Tu dois pouvoir donner des indications claires et précises, ainsi qu’avoir le discernement nécessaire pour pouvoir modifier le plan d’action si la situation l’exige. Je retrouve là-dedans les éléments du tank tel que le décrit Benoit.

C’est aussi ce rôle que j’essaie d’habiter maintenant dans mon rôle de président à la Société Vaudoise de Théologie, ou dans d’autres projets. Dans ce genre de rôle, il faut savoir garder une vision d’ensemble, donner des impulsions et assurer un cadre tout en laissant aux autres de la place pour qu’ils puissent être les moteurs principaux de la quête – éviter d’être un tank qui veut faire le DPS à la place des autres.

DPS quand il faut et apprendre à alterner

Une part en moi aimerait être plus souvent DPS. Juste taper dans le lard, pendant que d’autres s’occupent de l’ambiance ou de la coordination.

De fait, je pense qu’il y a des situations où je me retrouve DPS. Pour mes études par exemple, j’ai été plutôt un bon DPS et j’ai eu du plaisir à cela. En même temps, je pense que je ne suis pas assez rigoureux ni assez perfectionniste pour être pleinement un DPS – je n’ai pas l’esprit assez compétitif de ce côté. Par contre si j’ai un cadre clair et des indications ciblées je peux exécuter mes missions avec plaisir : être dans l’action, sans avoir à assurer le lead.

Je pense aussi qu’il est possible d’alterner dans les rôles. Ce n’est peut-être pas accessibles à tous-tes, mais pour part j’en fait l’expérience.

Le plus frappant c’est dans l’équipe avec qui je travaille à des projets musicaux (Unphased Project). Ici j’apprends vraiment à alterner les rôles et avoir de l’agilité dans l’alternance.

Parfois il faut savoir être tank sur une situation : qu’est-ce qu’on va faire ce soir ? Comment on va prendre cette décision ? Diriger une négociation avec des potentiels partenaires, lancer des processus, etc.

Parfois il faut savoir être DPS : composer une partie symphonique, trouver un bon son de synthé pour une partie, aider à l’enregistrement, composer et enregistrer une ligne de piano.

Parfois il faut savoir être heal : lorsqu’il y a un désaccord sur un point, ou des tensions, mettre en place les conditions pour pouvoir échanger sainement ; valoriser et mettre en avant les moments récréatifs ; prendre le temps de parler avec chacun.

Réflexions de fin

J’aime beaucoup cet exercice de réflexion à partir des rôles que présentent la sainte trinité du MMO. Cela permet de réfléchir à la place que l’on prend dans le fonctionnement d’un groupe en action, par rapport à ce qui nous parle le plus intuitivement.

Je pense aussi que chaque personne a le potentiel de développer des compétences dans chacun des rôles. Ces derniers temps je suis vraiment en train d’éprouver mes skills de tank. Et il y a toujours des domaines où l’on sait faire soi-même du bon DPS.

Il y a sûrement des limites à l’exercice.

Là où je trouve la description du rôle du tank proposée par Benoit un peu contre-inuitive, c’est que dans la vie quotidienne, tanker ne doit certainement pas consister à prendre sur soi – ce que le tank fait concrètement dans le jeu. Par contre, il y a bel et bien ce côté où le tank concentre l’action, afin de permettre que l’action se déroule – et ça, je peux le retrouver dans le leadership.

D’autre part, la modélisation à trois pôles est peut-être un peu simpliste – d’ailleurs pas tous les MMO fonctionnent ainsi, ni les RPG. Il y a des tests de personnalité qui présentent beaucoup plus de variété. J’aime beaucoup par exemple le 16 personnalities qui présente une palette stimulante (et c’est joli en plus).

Moi pour ma part, en ce moment je suis “Protagoniste – ENJF-A” – ce qui rejoint mes développements de skill de tank.

Il y a des enjeux théologiques derrière cette vision des “fonctions”. Personne n’est appelé à tout faire dans le Royaume et dans l’annonce de celui-ci. L’Eglise est composée d’une diversité de membres, dont chacun est porteur de charismes particuliers. Cf. 1 Corinthiens 12,12-30. Les tests de personnalité ou les modélisations de rôles, comme celle que proposent Benoit, peuvent nous aider à identifier quels sont nos propres charismes, quels sont les points où notre propre contribution personnelle à l’annonce de l’Evangile et à l’édification du corps du Christ sera la plus épanouissante.

Mais il ne faut pas confondre le modèle avec la réalité : de fait le jeu que nous jouons tous ensemble dans le monde, avec l’aide de Dieu, est guidé par des paramètres autrement plus complexes que ceux qui guident le MMO. Mais les analogies à tirer sont importantes, et le MMO – ou d’autres jeux de coopérations – sont des bons bac à sable pour identifier nos propres charismes et le rôle que nous sommes chacun appelés à jouer dans le jeu de l’Esprit-Saint.

Et toi, quel est ton rôle ?

Lettre à une église en train de naître

Eglise en naissance

Chère Eglise Evangélique Réformée de Suisse,

Je ne te connais pas.

J’entends parler de toi, mais tu parais bien lointaine.

J’entends parler des douleurs de ton accouchement.

Tu es Eglise du Christ, je n’en doute pas. N’en doutes pas !

Mais qui es-tu? Que vais-je dire à ton sujet ?

*

Vois-tu, il paraît que je fais partie de toi.

Il paraît que nous sommes en communion.

Mais cela me parait insensé.

“Pourquoi ?”

*

Dans mon parcours d’étudiant en théologie, j’ai eu le privilège de participer à des rencontres entre étudiants·es en théologie – réformés, catholiques, évangéliques.

Des liens ont été tissé, des amitiés nouées. Nous avons prié et chanté ensemble, rompus le pain, refait le monde entre théologiens·nes.

Une lucarne pour sortir le nez de nos réalités facultaires. Un souffle d’air frais dans un quotidien désabusé.

J’ai eu le privilège de le vivre durant mes études. La majorité des étudiants·es de Suisse romande, ne l’on pas eu – par défaut de temps, d’intérêt ou de langue.

Avons-nous fait Eglise ? Etions-nous corps du Christ, Un dans la diversité des membres ?

*

Certains liens ont tenus au-delà des études, par hasard, par affinité, par amitiés.

Certains se sont défaits.

En fait, on pouvait tout à fait vivre sans se voir, sans prendre de nouvelles les uns des autres.

De toute manière on avait chacun·e nos problèmes. On avait chacun·e nos Eglises, nos facultés, nos communautés.

Quels besoins avions-nous les uns des autres en fait ?

*

À ton accouchement, certains contacts se sont réveillés.

Il faut parler stratégie. Il faut prendre place dans les jeux de pouvoir, se battre avec les flous artistiques oppressifs.

Qui a été élu? Quels leur profil?

Et je me demande : “Ne le saviez-vous pas ? N’avions-nous pas été Eglise?”

Qui es-tu ?

*

Tu n’existes pas encore.

Tu es grosse des promesses :

  • Unité dans la diversité de langue
  • Unité dans la diversité de grandeur
  • Unité dans la diversité des histoires
  • Unité dans la diversité des engagements
  • Unité dans la diversité des institutions
  • Unité dans la diversité des théologies

Tu es Eglise du Christ, n’en doute pas !

*

Tu n’es pas encore là.

Les textes ? Les constitutions ? Les organisations ?

Le faire-part de naissance a pourtant été communiqué !

Mais non, tu n’es pas encore là ;

et mon espérance est faible.

*

Tu me permettras de témoigner.

Ici je suis dans le canton de Vaud.

C’est un territoire d’une taille respectable ; nous avons une petite vie en ce moment.

Mais nous ne savons toujours pas ce que nous sommes.

Nous ne savons pas comment faire Eglise sur ce territoire Nous sommes trop et trop peu. Nous sommes insatisfaits, souffrons, nous querellons, nous déchirons. Nous étouffons sous une charge qui parait trop grande, trop compliquée.

Les réalités sont si disparates.

Nous ne savons pas comment faire Eglise dans ces disparités.

Le faisons-nous ?

Le déchirement nous mène à ignorer notre mission première

*

Tu es grosse de promesses.

Tu nous permettrais d’ouvrir les fenêtres.

Tu rendrais notre vie respirable, tu désembourberais nos chemin, tu assainirais nos canaux.

Tu nous décentrerais, tu ferais retentir une diversité de témoignage.

Mais je t’en prie, ne vas pas trop vite.

*

Tu n’existes pas encore.

Pour beaucoup d’entre-nous tu n’existes pas encore.

Vas-tu nous appeler? Où bien n’appelleras-tu que les élus? T’adresseras-tu qu’à ceux qui t’intéressent, ou à tous?

*

Ne vas pas trop vite.

Prends le temps de l’humilité : tu ne peux pas savoir comment il faut faire!

De toi-même, tu ne peux pas savoir comment exister!

*

Ton espoir gît en Jésus-Christ.

Il existera dans les vécus concrets qui te constituent.

Que ce soit au niveau de ton synode et de ton exécutif.

Que ce soit au niveau de chaque Eglise membre et des communautés locales.

que ce soit au niveau de l’individu, de a soeur et du frère en Christ.

Toi.

*

Tu nais.


Cet article fait office de pré-réflexion a une brève communication dans le Bulletin de la Société Pastorale Suisse 2020.

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En stress : respire

Respire. Respiration de l'Esprit. Image par Gerd Aldmann (Pixabay)

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Quel esprit t’habites ?

Quel souffle te traverse?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

De la peur

Des informations

Une accélération

Des informations qui s’emballent ?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Beaucoup de décisions…

Beaucoup d’affirmations…

Beaucoup de paroles…

… creuses ?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Quel est ton souffle ?

Si tu n’arrives plus à respirer :

Mesures d’urgences

Si ton prochain n’arrive plus à respirer :

Mesures d’urgences

Sinon…

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Quel esprit te traverses ?

Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde

Rm 12,2 (NFC)

Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Que vas-tu dire ?

Que vas-tu faire ?

Laissez Dieu vous transformer et vous donner une intelligence nouvelle

Rm 12,2 (NFC)

Laisse

Ralentis

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Un corps malade

S’arrête

se repose

Prends le temps

regarde

sens

écoute

ressens

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Après l’urgence

et avant

il n’y en a qu’une

Christ vient

tout bientôt

maintenant

Que vas tu faire ?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Là où tu es

tu n’es pas seul

peur

panique

dénis

suspicion

Tu es là

et toi aussi

écoute

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoute

Vous discernerez alors ce que Dieu veut : ce qui est bien, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait

Rm 12,2 (NFC)

Comment ?

Vous êtes le sel de la terre… la lumière du monde…

Mt 5,13-14

Oui

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoute

Demain

Il vient

Demain

tu serras là

Ecoute

Discerne

Demain

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoute

Respire

inspire

son souffle

Aide

celui qui est à bout

de souffle

à respirer,

depuis trop longtemps

à bout de souffle

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoute

Respire


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