Faire de la théologie

Parole qui rassemble

C’est la rentrée universitaire, aussi pour les théologiens et les théologiennes.

Force est de constater que les facultés de tradition protestante (Lausanne & Genève) et catholique (Fribourg) en Suisse romande, n’offrent pas de discours très claires sur ce que fait le-la théologien-ne en tant que théologien-ne. Les églises non plus d’ailleurs.

Cela est-il même possible ?

Il y a donc un travail à faire de ce côté.

Différents aspects

Je l’avais déjà médité dans un des premiers articles de ce blog : le-la théologien-ne. La question centrale était : qu’est-ce qui fait de moi un théologien, une théologienne?

Je ne suis pas arrivé à une formulation “unifiée”, mais tournait autour de plusieurs aspects de cet “être-théologien-ne” :

  • Communauté
  • Risque
  • Structure et ouverture
  • Vérité
  • Evangile

C’est dans le rapport entre ces différents aspects que se dégageaient pour moi mon être-théologien.

D’autres échos

J’avais notamment demandé des réponses et celles que j’ai reçues méritent d’être rappelées :

Ce qui fait de moi un théologien est que je me sais engendré, et que je suis infiniment curieux de ce savoir.

Etienne Guilloud, 20.01.2020

Pour moi, […] “théologien.ne” […] c’est être à la fois un “emmerdeur” et un témoin de l’espérance/reconnaissance possible. […] empêcher le système de tourner en rond. [tenter] de témoigner […] d’autres voies et rapports au monde, à autrui et à soi-même.

Benoit Ischer, 20.01.2020

En tant que théologien, je comprend mon rôle comme étant celui qui interroge. J’interroge la société au regard de la Parole de Dieu, et j’interroge la Parole de Dieu au regard de la société qui est la mienne. Ceci, afin que les deux puissent entrer dans une relation féconde, qu’une rencontre puisse avoir lieu.

Philippe Golaz, 20.01.2020

En tant que […] théologienne, mon rôle est d’être témoin de ce qui me dépasse et m’appelle.

Marcela Chayer de Coulon, 21.01.2020

[J]e crois que chaque chrétien, chaque chrétienne et même chaque être humain est appelé à dire Dieu par sa vie ses actes et sa parole. Pour soi-même d’abord et pour le monde ensuite.

Fabien Moulin, 22.01.2020

Merci à vous!

Rebelotte

Aujourd’hui Je reprends du coup cette question, mais reformule : qu’est-ce que fait un théologien, une théologienne ?

Aujourd’hui j’arrive avec deux affirmations centrales

§ Le-la théologien-ne aménage un espace pour qu’un-e autre puisse prendre la parole

Ici le théologien, la théologienne, se fait serviteur de la parole.

Avec ses connaissances et ses compétences, il permet que d’autres arrivent à formuler une parole. Par cette parole, les personnes adviennent à elles-mêmes. Mais c’est aussi la communauté qui advient à elle-même, au-travers de ces prises de parole.

On peut lier un certain nombre de verbe à cette affirmation : accompagner, structurer, encadrer, guider, écouter, organiser, discerner, participer.

L’autre qui advient à sa propre parole ici c’est le-la prochain-e, ce qui est muet, Dieu.

§ Le-la théologien-ne prend la parole lorsqu’on l’attend de iel

Ici le théologien, la théologienne, engage sa parole.

Avec ses connaissances et ses compétences, il prend le risque de dire quelque chose publiquement à partir de sa propre personne. Cela peut être par oral, mais aussi par écrit ou par le geste – la parole est un acte de communication qui engage la personne et la révèle.

On peut lier un certain nombre de verbe à cette affirmation : provoquer, valider, louer, contrer, encourager, combattre, guérir, enseigner, annoncer, dialoguer.

Il est appelé à prendre la parole. Cet appel lui vient de son prochain, de Dieu, du monde.

§ La détermination des compétences du théologien, de la théologienne, sont orientées par la reconnaissance de ces deux activités

Le théologien, la théologienne a des compétences pratiques, des connaissances scientifiques et dispose de charismes particuliers qui le distinguent en tant que personne.

Tout cela est subordonné à la réalisation de ces deux activités. Un-e théologien-ne est ce qu’il est au moment où il permet à un autre de prendre la parole et lorsqu’il prend la parole en réponse à un appel qu’iel aura reçu.

Ceci implique encore deux sous-affirmations :

  1. L’activité du théologien, de la théologienne vient de ce que Dieu, le prochain, le monde a parlé le premier
  2. Sa formation doit être guidée par cet horizon

Et pour toi ?

Qu’est-ce que fait un-e théologien-ne ?

La relation personnelle à Dieu. Prélude

Relation

Je n’ai pas encore vu que la “relation personnelle” soit traitée explicitement comme un thème de la dogmatique. Dans ce qui suit je pose quelques jalons d’un travail en cours.

Le contexte

Dans mon travail en dogmatique, j’essaie de réfléchir le sens et la manière de parler de la “spiritualité” en contexte protestant. Je ne le fais pas seulement de manière descriptive, mais aussi en émettant des propositions de sens et de formulation.

Les 5 et 6 novembre a lieu un colloque interdisciplinaire à l’adresse des doctorants-es des facultés de théologie de suisse romande. Celui-ci prend pour thème : “la relation personnelle à Dieu”. Ce thème est particulièrement intéressant pour moi. Pour certaines expression de la “spiritualité” dans le protestantisme, le soin accordé à la relation personnelle à Dieu, ou à Jésus, est particulièrement important. C’est vrai aussi dans d’autres traditions chrétiennes.

Ma thèse est qu’en protestantisme on est amené à comprendre la “spiritualité” comme “communication pascale“. La “spiritualité” c’est investir de manière personnelle (collective ou individuelle) une communication. Celle-ci a lieu entre moi, mon prochain et Dieu dans le monde. Le récit de Pâques donne en contexte protestant le cadre général pour interpréter toute “spiritualité” et pour discerner son développement. Ses parties principales sont les suivantes : accomplissement du ministère de Jésus, crucifixion, résurrection, ascension, pentecôte.

Comment cette compréhension de la “spiritualité” amène-t-elle à parler de la “relation personnelle à Dieu” en théologie ?

Que faut-il comprendre par “relation personnelle” ?

La “relation” désigne ici un lien ou un rapport actif entre deux choses. Pour ce qui nous intéresse ici, elle implique à un moment donné une “personne”.

“Relation” encore le plus facile entre les deux termes. Cette notion implique souvent une activité et une interaction. “relation” et “interaction” sont constitutives de ce qui fait la personne individuelle dans sa particularité : sa personnalité.

Le noeud se situe dans la compréhension de ce qu’est une “personne”.

“personne” : un terme opaque

La notion de “personne” a une multitude de fonction, mais elle est particulièrement importante pour le domaine du droit. Elle désigne une entité individuelle ou collective capable d’autodétermination, à laquelle on peut reconnaître des droits et des responsabilités.

Lorsque l’on parle de la “personne humaine”, on désigne une unité psycho-somatique vivante. Elle est inscrite dans un complexe d’interactions dîtes “sociales” et on lui reconnaît maintenant une dimension “spirituelle”.

D’une part une personne est faîte de ses relations et en même temps elle leur est irréductible.

Des types de relations

Partant des travaux du psychiatre Roger Neuburger, Jean-Marc Leresche a récemment mis en évidence sur son blog différents types de relations entre individus et leur importance pour le sentiment d’appartenance.

exister passe par l’intermédiaire du regard de l’autre qui nous identifie et nous reconnaît comme un pair, un égal digne d’être accepté, respecté voire aimé.

Jean-Marc Leresche

S’en dégage quatre types de relation (nourricière ; d’autorité ; fraternelle ; amoureuse) qui pourraient apparaître par analogie comme des types de la relation à Dieu. Jean-Marc a proposé quelques développements concernant la relation nourricière dans l’article Dieu, notre Mère.

La relation personnelle se raconte

Chacune de ces relations implique que ces différents membres la racontent et se racontent en la racontant. On peut objectifier des relations personnelles avec certains modèles – comme les types indiqués par Jean-Marc. Mais pour que la dimension personnelle apparaisse, la mise en récit du vécu relationnel est nécessaire.

Dans le récit, se constitue la reconnaissance réciproque – ou non! – des personnes dans leur relation. Il ouvre au sens d’affirmations comme “je t’aime”, “je te pardonne”, “tu m’emmerdes”, etc. Le vécu commun oeuvre comme condition pour la performance efficace de telles paroles.

Sous-question : La “relation personnelle” implique-t-elle nécessairement une relation entre “personnes” distinctes ? Ne peut-on pas avoir une relation personnelle avec sa voiture, avec une peluche, avec l’Univers?

Pilier : La relation personnelle est une condition pour la reconnaissance des personnes. Elle implique un jeu complexe entre mémoire, attente et engagement. Au sein de ses relations, la “personne” est un “mystère” qui ne se laisse épuiser. La mise-en-récit des relations et des vécus qui s’y rapportent fait apparaître au cas par cas l’identité des personnes en relation.

Mon hypothèse

Dans le cadre de la “spiritualité” chrétienne, la relation personnelle à Dieu se dit dans le passage par le schéma trinitaire. L’énonciation de la relation personnelle que l’individu ou le collectif entretient avec Dieu, implique de passer par la mise-en-récit de la relation entretenue avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Parce que dans la “spiritualité”, c’est premièrement Dieu qui initie la communication.

Chacune de ces personnes implique une mise-en-récit distinctive. Les relations personnelles qu’elles impliquent ne se racontent pas de la même manière. Par contre, pour la foi chrétienne elles renvoient à une seule et même communication : celle donnée dans le récit pascal – et qui se donne encore et toujours, jusqu’à sa clôture eschatologique.

Parler en dogmatique de la relation personnelle à Dieu se sera du coup faire passer le discours par chacun de ces temps, sans briser leur interdépendance. Dans l’expression de la relation personnelle à Dieu, c’est le récit pascal qui donne le cadre pour l’énonciation de la reconnaissance réciproque des partenaires de la relation.

Comment s’y prendre ?

Face à cette tâche, je me heurte au problème de la forme du discours que je vais devoir adopter. Lorsque l’on parle en dogmatique de la “spiritualité”, la forme adoptée par le discours ne peut être détachée de son contenu.

Le choix, par exemple, de vouloir distinguer strictement le discours dogmatique d’avec le discours religieux, implique une objectivation du vécu religieux dont il faut pouvoir canaliser les effets si l’on ne veut pas d’emblée neutraliser et incapaciter entièrement cela-même que l’on tente de réfléchir par le discours – à moins que ce soit un objectif assumé d’office, mais ce qui impliquerait qu’il y a un conflit explicite entre cette entreprise dogmatique et le langage religieux qu’elle a pour tâche de réfléchir.

Discours à la deuxième personne

Ce serait la forme de la prière. Elle semble à première vue la plus inadéquate pour la communication scientifique. Le discours se construit autour de mon adresse à Dieu et non de mon adresse à mes pairs. En revanche elle serait la plus proche de ce qui est en jeu dans la pragmatique d’une relation personnelle. Dans un récit qui se construit sous la forme d’une “adresse à” se manifeste l’engagement de la relation personnelle. L’effet pourrait être doxologique : par cet engagement est rendu manifeste tant “Dieu” que l’être-humain qui s’adresse lui, dans leur différence et dans leur relation. Mais cette forme contient une violence certaine : soit l’auditeur consent à être embarqué dans cette relation, soit il s’y refuse – et l’intelligence de ce qui est dit ne peut qu’être refusée elle aussi.

Discours à la troisième personne

Je parlerai sur la relation, tentant d’en produire une icône. Je pourrais la décrire de manière abstraite, peut-être sur la base du thème doctrinal de l’imago dei ou en variant sur des situations bibliques, des récits de vie ou des expériences qui mettent en scène cette relation. Ce serait la forme la plus “convenue” sur le plan du discours scientifique, mais peut-être aussi la plus éloignée de la pragmatique de ce qui est en jeu dans la réflexion dogmatique sur la “relation personnelle à Dieu”. Le risque est que le thème dogmatique devienne non plus la “relation personnelle à Dieu”, mais l’intermédiaire que l’on aura choisit pour tenter d’en parler.

Discours à la première personne

Ce serait la forme du témoignage. Redire le récit de la relation au Père, au Fils et au Saint-Esprit en faisant usage de la première personne tient une place intermédiaire. Je peux m’adresser à l’assemblée et en même temps je permets de respecter l’engagement qu’implique la “relation personnelle à Dieu”. Le défi à relever est le suivant : la présence du “Je” ne doit pas faire barrage à la communication d’une intelligence réfléchie de cette relation personnelle tout en indiquant l’opacité qui entoure toute “personne”.


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De heal à tank – Des rôles dans la vie

Rôle MMO

Il y a quelques temps Benoit Ischer publiait sur Open Source Church un article qui m’avait touché au coeur, sur la manière de comprendre les rôles dans le travail en équipe : Pour moi, le travail en équipe, c’est comme dans les jeux en ligne…

Vas lire cet article avant de continuer.

Un bout d’expérience

Moi-même j’ai joué assez intensément à World of Warcraft (WoW) pendant un temps (surtout les périodes Burning Crusade jusqu’à Cataclysm – et reprenant de temps en temps, mais jamais sur la durée).

J’ai aussi touché un peu à d’autres MMO durant cette période (Lord of the rings online ; star wars : the old republic ; secret world ; Guild Wars II ; etc. ).

Et oui : c’est vrai, on apprend beaucoup du travail en équipe dans ces jeux. Non seulement au niveau du jeu en équipe (donjons, raids, Player VS Player), mais aussi en terme de gestion de groupe. Dans les MMO il y a souvent des systèmes de guildes, qui regroupent parfois des centaines de joueurs. J’ai moi-même pendant un temps été Maître de Guilde sur WoW : une période très formatrice.

Même si en ce moment je ne joue pas à un MMO, je garde le bagage d’expérience accumulé durant cette période précieusement dans ma besace. Et la proposition de Benoit de penser la gestion d’équipe à partir de la trinité tank/heal/dps est stimulante !

La trinité en bref

Rapidement ce que développe Benoit :

Tank : rôles de leadership ; caractéristiques importantes : résilience, charisme, courage, abnégation. Dans le jeu, c’est lui qui concentre sur lui l’attention des ennemis et évite que les autres joueurs ne prennent des dégâts.

Heal : rôles de soutien / care / stress management ; caractéristiques importantes : empathie, réactivité, stratégie, abnégation. Dans le jeu, il a pour rôle de maintenir le niveau de vie des joueurs au plus haut.

DPS : rôles d’exécution ; caractéristiques importantes : passion, communication, coordination, humilité. Dans le jeu, il a pour rôle de descendre la vie de l’ennemi.

Dans les faits, la déclinaison des rôles peut être plus variées et il y a différents styles, ou manières, de gérer un rôle – d’où souvent la présence des systèmes de classes, ou des embranchements types dans des arbres de compétences.

Mon rôle dans le jeu

Dans le jeu, j’ai la majeure partie du temps joué Heal. J’appréciais en effet beaucoup l’aspect de “vision d’ensemble” qui allait avec ce rôle. En retrait, tu es obligé d’avoir une bonne perception de l’ensemble de la situation pour maintenir tout le monde à flots – ce qui implique aussi d’anticiper les pics de dégâts qui peuvent advenir au cours d’un combat. Être heal implique aussi de bien connaître la stratégie.

Je ne voulais pas être tank : trop exposé, avec un côté “le nez dans le guidon”. Je ne voulais pas être DPS : trop compétitif. De plus, l’avantage d’être heal, c’est que t’es plus ou moins certain de toujours trouver de la place dans un groupe ! (Idem pour tank).

Mes rôles dans la vie

Heal de coeur

Pendant un temps, j’ai toujours pensé que j’étais plutôt un heal : peur de me mettre en avant, pas fan de la compétition, tendance à l’empathie, attentif à l’état de stress des groupes, etc. ça a aussi été l’une de mes motivations pour me lancer en théologie : faire quelque chose où dans la finalité professionnelle on accompagne des humains.

De fait, dans la Protection Civile, c’est l’un des rôles que je tiens. Je fais partie de la Cellule de Soutiens, qui est en gros le care team de la protection civile. Nous n’interviendrons jamais sur le terrain s’il y a une intervention avec confrontation potentielle à la mort. Par contre nous serons là pour accueillir et accompagner les personnes suite à l’intervention, leur donner accès à leurs ressources pour redémarrer dans le quotidien. Au sein de la PCi, notre fonction prime sur le grade : nous sommes des partenaires de discussion pour tous les échelons de la hiérarchie.

J’ai également un peu ce rôle de heal au Séminaire de Culture Théologique où je coach les étudiants-es sur leurs travaux, ou à la faculté de théologie dans mon rôle d’assistant. En tant qu’auxiliaire pédagogique ou assistant, je ne fais pas le travail à la place des étudiants-es (DPS) et ce n’est pas moi qui donne la direction du cours (Tank). Par contre j’ai une visions d’ensemble qui me permet de soutenir tant les étudiants-es que le professeur dans leur quête commune : réussir la formation !

Tank en développement

Comme je le disais au début, j’ai aussi été Maître de Guilde en jeu. En fait, c’est une fonction que je me découvre en ce moment dans d’autres contextes. Plus jeune, je ne pouvais pas vraiment l’assumer, parce que j’avais trop peur de décevoir. Je ne faisais pas assez confiance à mon intuition et j’avais toujours peur de ne pas être aimé – c’est pas tout à fait fini ça d’ailleurs.

Tank pour faire plaisir

Je n’ai jamais joué tank. Par contre j’ai été pendant un certain temps Maître de Guilde sur le jeu, avec des rooster numériquement assez important (une centaine de personnes au pic). C’était émotionnellement très épuisant. Je voulais satisfaire tout le monde, tout en essayant de tenir un rythme correct au niveau de nos activités. Le problème, c’est qu’avec cette fatigue émotionnelle, je pouvais parfois devenir très autoritaires durant nos donjons ou nos raids – vu que ça m’arrivait aussi de faire Raid Leader.

Ce qui était étonnant, c’est que dans ma vie quotidienne je me suis retrouvé plusieurs fois à des postes de présidence avec une attente de leadership, alors même que je n’avais pas forcément l’assise intérieure pour. J’ai été président de la troupe de théâtre Hercule Savinien (2013-2015), j’ai été vice-président de l’association des étudiants en théologie de la FTSR (pas long) et récemment je me suis retrouvé président de la Société Vaudoise de Théologie.

Le problème, c’est que je pense qu’au départ j’ai pris ces postes pour “faire plaisir”, alors que je n’avais pas du tout ce qu’il fallait en terme de résilience et de compétence de leadership : déléguer, énoncer des objectifs clairs, faire des bilans, etc. En gros, vous avez un tank qui en même temps veut healer les gens et faire du DPS – ce qui n’est pas tenable.

Tank assumé

Récemment j’ai découvert en profondeur ce que ça veut dire que d’être enfant, ou fils de Dieu. Ce qui a passablement changé la donne dans ma capacité à guider des projets (cf. Galates 4,7) – peut-être que j’écrirai une fois quelque chose à ce sujet.

Pour un bout, si je me retrouvais à ces postes de tank, ce n’était pas uniquement pour faire plaisir. C’est aussi parce que j’ai des éléments de visions, je veux faire avancer les choses et faire aboutir les projets.

Toujours à la protection civile, j’ai fait la formation pour être chef de groupe. Dans ce cadre tu apprends ce que c’est que de diriger une équipe : là non plus, ce n’est pas à toi d’être l’exécutant. Tu dois avoir un pas de recul pour pouvoir toujours garder la visibilité sur ce qui se passe. Par contre, contrairement à ce que je fais dans la cellule de soutien, en tant que chef de groupe tu dois être sur le terrain, tu fais partie du “combat”. Tu dois pouvoir donner des indications claires et précises, ainsi qu’avoir le discernement nécessaire pour pouvoir modifier le plan d’action si la situation l’exige. Je retrouve là-dedans les éléments du tank tel que le décrit Benoit.

C’est aussi ce rôle que j’essaie d’habiter maintenant dans mon rôle de président à la Société Vaudoise de Théologie, ou dans d’autres projets. Dans ce genre de rôle, il faut savoir garder une vision d’ensemble, donner des impulsions et assurer un cadre tout en laissant aux autres de la place pour qu’ils puissent être les moteurs principaux de la quête – éviter d’être un tank qui veut faire le DPS à la place des autres.

DPS quand il faut et apprendre à alterner

Une part en moi aimerait être plus souvent DPS. Juste taper dans le lard, pendant que d’autres s’occupent de l’ambiance ou de la coordination.

De fait, je pense qu’il y a des situations où je me retrouve DPS. Pour mes études par exemple, j’ai été plutôt un bon DPS et j’ai eu du plaisir à cela. En même temps, je pense que je ne suis pas assez rigoureux ni assez perfectionniste pour être pleinement un DPS – je n’ai pas l’esprit assez compétitif de ce côté. Par contre si j’ai un cadre clair et des indications ciblées je peux exécuter mes missions avec plaisir : être dans l’action, sans avoir à assurer le lead.

Je pense aussi qu’il est possible d’alterner dans les rôles. Ce n’est peut-être pas accessibles à tous-tes, mais pour part j’en fait l’expérience.

Le plus frappant c’est dans l’équipe avec qui je travaille à des projets musicaux (Unphased Project). Ici j’apprends vraiment à alterner les rôles et avoir de l’agilité dans l’alternance.

Parfois il faut savoir être tank sur une situation : qu’est-ce qu’on va faire ce soir ? Comment on va prendre cette décision ? Diriger une négociation avec des potentiels partenaires, lancer des processus, etc.

Parfois il faut savoir être DPS : composer une partie symphonique, trouver un bon son de synthé pour une partie, aider à l’enregistrement, composer et enregistrer une ligne de piano.

Parfois il faut savoir être heal : lorsqu’il y a un désaccord sur un point, ou des tensions, mettre en place les conditions pour pouvoir échanger sainement ; valoriser et mettre en avant les moments récréatifs ; prendre le temps de parler avec chacun.

Réflexions de fin

J’aime beaucoup cet exercice de réflexion à partir des rôles que présentent la sainte trinité du MMO. Cela permet de réfléchir à la place que l’on prend dans le fonctionnement d’un groupe en action, par rapport à ce qui nous parle le plus intuitivement.

Je pense aussi que chaque personne a le potentiel de développer des compétences dans chacun des rôles. Ces derniers temps je suis vraiment en train d’éprouver mes skills de tank. Et il y a toujours des domaines où l’on sait faire soi-même du bon DPS.

Il y a sûrement des limites à l’exercice.

Là où je trouve la description du rôle du tank proposée par Benoit un peu contre-inuitive, c’est que dans la vie quotidienne, tanker ne doit certainement pas consister à prendre sur soi – ce que le tank fait concrètement dans le jeu. Par contre, il y a bel et bien ce côté où le tank concentre l’action, afin de permettre que l’action se déroule – et ça, je peux le retrouver dans le leadership.

D’autre part, la modélisation à trois pôles est peut-être un peu simpliste – d’ailleurs pas tous les MMO fonctionnent ainsi, ni les RPG. Il y a des tests de personnalité qui présentent beaucoup plus de variété. J’aime beaucoup par exemple le 16 personnalities qui présente une palette stimulante (et c’est joli en plus).

Moi pour ma part, en ce moment je suis “Protagoniste – ENJF-A” – ce qui rejoint mes développements de skill de tank.

Il y a des enjeux théologiques derrière cette vision des “fonctions”. Personne n’est appelé à tout faire dans le Royaume et dans l’annonce de celui-ci. L’Eglise est composée d’une diversité de membres, dont chacun est porteur de charismes particuliers. Cf. 1 Corinthiens 12,12-30. Les tests de personnalité ou les modélisations de rôles, comme celle que proposent Benoit, peuvent nous aider à identifier quels sont nos propres charismes, quels sont les points où notre propre contribution personnelle à l’annonce de l’Evangile et à l’édification du corps du Christ sera la plus épanouissante.

Mais il ne faut pas confondre le modèle avec la réalité : de fait le jeu que nous jouons tous ensemble dans le monde, avec l’aide de Dieu, est guidé par des paramètres autrement plus complexes que ceux qui guident le MMO. Mais les analogies à tirer sont importantes, et le MMO – ou d’autres jeux de coopérations – sont des bons bac à sable pour identifier nos propres charismes et le rôle que nous sommes chacun appelés à jouer dans le jeu de l’Esprit-Saint.

Et toi, quel est ton rôle ?

La série “les huguenots”

Huguenots banner

Les Huguenots était un projet de web-série auquel j’ai participé activement du temps de mes études de théologie (2012-2017).

Cette semaine j’ai eu un petit élan de nostalgie. Je retourne donc sur cette expérience éphémère, mais qui laisse imaginer de beaux projets à venir.

Un peu d’histoire

Initialement, le projet est né d’une initiative du groupe “susciter des vocations” dans l’EERV. L’idée était de produire quelques vidéos qui devaient donner envie de faire des études de théologie.

Le but était de s’inspirer de projets de web-série comme le cathologue. Il y avait aussi un peu de Kaamelott dans nos esprits au moment d’écrire tout cela.

Saison 1, épisode 1 – Les vocations

Alice Corbaz (Amélie), Guillaume Favrod (Gaston), Sébastien Cornioley (réalisateur) et moi-même (John) étions au coeur de ce petit projet. Nous avions un lien institutionnel avec l’EERV via le pasteur Jean-Marc Savary, qui avec Etienne Guilloud, a aussi contribué à l’écriture d’une partie des épisodes. On n’oubliera pas non plus Noriane Rapin et Sylvain Corbaz qui, à des moments clefs, on contribué à la réalisation de la série.

La collaboration au sein de l’équipe pour ces premières vidéos était très chouette. On avait envie de continuer et de raconter un peu plus l’histoire des nos protagonistes.

Ceci nous a mené finalement à produire 18 épisodes sur 3 saisons. Nos personnages partaient du moment des études (saison 1), discernaient leur vocation (saison 2) et l’éprouvaient sur le terrain (saison 3).

Saison 1, épisode 3 – Les études (1)
Saison 2, épisode 2 – Le CPT
Saison 3, épisode 1 – La préparation de mariage

Cette série comporte quelques maladresses et quelques clichés, mais je reste fier et heureux d’avoir pu contribuer à cette petite aventure.

Gérer le cap

Initialement il fallait juste constituer trois vidéos pour une journée d’Eglise. C’était ce pourquoi on nous avait interpellé. Mais lorsqu’on a voulu continuer, l’objectif initial s’est un peu perdu.

Les “Huguenots” devaient être un support pour stimuler les vocations. L’objectif était un peu foireux à la base… comment aurions-nous pu en mesurer la réussite ?

De plus, en souhaitant raconter la suite de l’histoire de nos personnages, on sortait de l’objectif initial pour rentrer dans un projet artistique plus autonome. Mais on se justifiait dans notre activité quand même en disant que ça allait être au service des vocations.

Lorsque tous les épisodes étaient clôturés, nous nous étions dit qu’il fallait maintenant faire un travail de promotion au sein de l’Eglise. Des personnes pourraient utiliser ces vidéos dans des activités d’Eglise, dans du catéchisme, de la formation, etc.

Autant dire que c’était l’échec de ce côté. Hormis une soirée dans la paroisse de ma mère, il ne me semble pas que ces vidéos aient été utilisées par la suite.

De toute manière nos priorités commençaient à changer. Alice entrait dans le ministère, Guillaume s’orientait professionnellement du côté de la culture, Sébastien allait reprendre des études et moi-même j’allais commencer une thèse.

Consentir à l’éphémère

Sous la tournure artistique que prenait le projet, il aurait fallu que nous acceptions aussi une autre logique de communication.

Avec leur format et l’articulation narrative des différents épisodes, nos vidéos ne pouvaient plus être utilisées pour faire la promotion d’un métier ou d’une filière d’étude. Elles ne se prêtent pas immédiatement à de la formation non plus.

Je pense que ces vidéos peuvent en partie être comprise comme une confession de foi ou un témoignage. Par leur intermédiaire notre groupe essayait d’exprimer quelque chose de notre foi, de notre vision du monde et de l’Eglise.

Ceci a pour conséquence que leur pertinence est irrémédiablement liée à leur temps. Bien qu’elles soient visibles en tout temps sur youtube, elles ont un caractère éphémère.

Ces vidéos offrent un cliché temporel du monde réformé vaudois des années 2010′. Les épisodes étaient l’occasion de mettre en scène des lieux, des personnes, des formations ou des institutions typiques de cette période. Beaucoup de choses qu’elles montrent ne sont plus d’actualité – par exemple le CPT, ou encore les locaux de l’EERV.

Je pense qu’on peut avoir encore aujourd’hui du plaisir à regarder ces vidéos. Mais je pense aussi qu’en l’état elles sont “inutilisables”. Cela aurait été différent si elles avaient été d’emblée pensées comme faisant partie d’un projet plus large.

La plateforme

Le projet “susciter des vocations” ne s’est malheureusement pas prolongé. Il existe certes le site vocation.ch, mais qui n’offre pas de ligne éditoriale claire et ne semble pas être en marche de communiquer quoi que ce soit en ce moment.

Nous avions initialement l’idée de soutenir les Huguenots avec un site internet. Des articles et des témoignages devaient accompagner la publication des vidéos. Mais dans la mesure où la vie de ce site n’était pas notre objectif principal, il est vite tombé aux oubliettes.

Pour l’ancrage de ces vidéos, il nous manquait une maison, un lieu qu’elle aurait contribuer à faire rayonner. Cette maison manque toujours pour le monde réformé romand. Elle permettrait de réaliser un objectif de communication, mais aussi de bénéficier de la synergie propre au cross-média.

On trouve un bon exemple de cela dans les production de Carolina et Victor Costa Atalahalta Productions. La variété des productions et des supports utilisés fait rayonner Atalahalta mais aussi ses différents projets. Un travail immense est fait régulièrement pour que les différentes personnes engagées dans Atalahalta puissent vivre de leurs productions.

On peut trouver aussi d’autres exemples de plateforme cross-média : les géants du Bible Project ou encore ce que font les dominicains de Théodom.

Avec les Huguenots nous n’avons pas fait cet effort. Nous n’en voyions peut-être pas l’intérêt, n’en avions pas l’envie ou n’avions pas les forces à allouer à quelque chose d’une telle ampleur. C’était peut être pas notre rôle non plus.

Rêves

Le nom des “Huguenots” existe encore. Et je pense qu’il y a encore de la place pour raconter l’histoire de protestants contemporains et de plein de manières différentes.

Je crois que la production de média (que ce soient des textes, des vidéos, des livres, des jeux, etc.) fait partie de l’annonce de l’évangile. Pas parce que ça permet d’être plus efficace, mais parce que c’est fun, valorisant, formateur et parce que ce qui est produit est beau.

Faire des vidéos, communiquer autour, se mettre au défi de dire sa foi aujourd’hui. C’était avant tout un très grand plaisir à faire, un résultat valorisant et en même temps un gros challenge. Il y avait beaucoup de joie à faire cela.

La foi ne s’exprime pas qu’au travers de textes ou de cultes : elle peut l’être aussi au-travers de telle vidéo, ou d’autres média. Ce que fait par exemple Vincent Pache (AKA le magicien d’Ut), ou encore les podcasts de In Fabula Veritas offrent tant de petites productions qui disent la foi aujourd’hui. On le voit aussi autour de la poésie, avec Avent en Vers.


Je rêve…

Je rêve que dans les diverses formations de nos Eglises et en théologie on encourage à la création artistique comme expression théologique.

Je rêve que d’autres encore puissent aussi éprouver cette joie de la production, de raconter des histoires, de faire de la musique, d’écrire des textes ou de vivre une autre forme d’art.

Je rêve que l’on se fédère, pour travailler à un rayonnement plus grand de notre foi.

Je rêve que les histoires des Huguenots se racontent ailleurs, par d’autres voies.


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Charte protestante

Construction d'une charte

Dans le cadre du travail sur le réseau protestant nous en sommes arrivés à une étape délicate : formuler une charte.

Dans ce qui suit, quelques réflexions personnelles sur ce processus.

Pourquoi la charte ?

Poser une charte c’est poser des limites. Ces limites n’ont pas comme but premier d’exclure ou d’inclure, mais de structurer un espace de jeu et de relation.

Elle donne aussi l’occasion de prendre position : est-ce que c’est un jeu dont je souhaite faire partie ?

Le risque de l’absence de charte est d’être dans un rapport d’immédiateté les uns avec les autres qui ne fait pas d’emblée la place à un exercice de la responsabilité personnelle.

Sans charte il ne reste que le jeu inconscient des non-dits qui structure des identités implicites et névrosées, en constant conflit les unes avec les autres dans la lutte pour leur existence.

Dans cette perspective, le but de la charte est fortement lié au sens du jeu que l’on veut jouer.

Les objectifs de “Réseau Protestant”

Ceux-ci sont résumés au début de la charte.

Le réseau protestant rassemble et valorise les différentes présences web pertinentes du monde protestant réformé romand dans un esprit élastique et stimulant.

Réseau Protestant

L’idée directrice est d’offrir un site qui permette de faire du lien et qui favorise la création de liens. Cela partait d’une initiative de Nicolas Friedl et Marc Pernot, sans lesquels ce projet ne se serait jamais lancé. Cette idée de “faire du lien” est aussi en grande partie à l’oeuvre derrière mon activité sur ce blog.

Il y a un sens ecclésial et théologique à ces objectifs. Le protestantisme réformé se trouve devant le défi de sa propre cohérence, de sa capacité de cohésion et de présence au monde. Cela implique une épreuve. Internet est l’un des lieux où cette épreuve se déroule.

Réseau-Protestant est une tentative de se mettre à l’épreuve dans ce défi. Ce n’est pas une initiative qui vient des organes de la direction institutionnelle. Ce sont des acteurs du web protestant qui se sont dit que ce défi valait la peine d’être engagé.

À préciser cependant que les personnes derrière réseau-protestant restent quand même des employés des institutions protestantes traditionnelles de Suisse romande.

J’évoquais le sens théologique de la démarche : si on essaie de répondre aux objectifs qui guident cette charte, on va inévitablement se retrouver confronté à une délimitation. Qu’est-ce qui délimite la sphère “protestante” ?

L’identité protestante

En Suisse romande, cette question est épineuse. Qu’est-ce que c’est que d’être protestant, si cela ne veut plus dire “être la majorité”? – cette question se pose en tout cas pour les canton de Neuchâtel, Vaud, Genève et Berne (dans une certaine mesure).

  • Est-on protestant·e parce qu’on est inscrit au registre en tant que “protestant” ?
  • Peut-on être “protestant·e” sans le dire ?
  • Est-ce que seul les pratiquants sont “protestants·es”?
  • N’est-on pas plutôt “réformé·e” que “protestant·e” ?
  • Les “évangéliques” qui se revendiquent “protestants·es” ou “réformés·es” sont-ils réellement protestants·es ou réformés·es ?
  • Est-ce que “protestant·e” ne veut pas dire “libéral·e” ? ou est-ce qu’il faut dire “réformé·e” pour dire “libéral·e”?
  • Le·la “protestant·e” n’existerait-iel pas ?

À mon sens, il ne s’agit pas de répondre à cette question par une définition. A priori, je ne sais pas ce que cela veut dire que d’être “protestant·e”. Il s’agit d’une identité ouverte.

Être protestant·e, tel que je le comprends, c’est être dans une “protestation évangélique“. C’est être cellui qui refuse tout autre identité que celle qui lui est donnée dans la Bonne Nouvelle que Dieu adresse au monde en Jésus-Christ. Ce n’est pas une identité que l’on possède et sur laquelle on peut mettre le grappin.

C’est pour cela que mettre Jn 13,34 en exergue me semble important.

Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Il faut que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.

Nouvelle Français Courant

La référence à ce verset invite à un discernement constant sur la qualité du jeu qui se joue pour ceux qui ont accepté d’y jouer. Il n’y aura pas de réponse toute faite sur “qui est protestant·e” en dehors de l’espace indiqué par ce commandement.

Néanmoins, cela ne fait pas l’économie d’une incarnation et d’assumer une personnalité circonscrite. C’est ce que la charte provoque lorsqu’elle assume la relation aux institutions de la Conférence des Eglises Réformées Romandes.

Theologeek relève d’ailleurs qu’il serait sans doute plus pertinent de parlé de “réseau réformé”. Le point est à méditer ! La CER n’est pas le réseau évangélique Suisse, ni la communion anglicane, etc. Mais peut-être faut-il rêver plus large ? La “Réforme” est une réalité de toute Eglise, voire de toute tradition religieuse.

La charte comme jeu ouvert

La charte, comme toute écriture, n’est pas close. Elle est appelée à évoluer et à être reformulée – selon un rythme encore à définir.

Elle offre une personnalité en construction. Il reste encore à voir laquelle ce sera! Cette personnalité sera composée de ceux qui acceptent de jouer au jeu qu’offre la charte et de ceux qui souhaitent s’y joindre.

L’une des closes d’engagement pour jouer le jeu du réseau est la publication de la liste sur son propre site internet. Mais cela s’arrête plus ou moins là : cela équivaut à dire “ok, je suis d’accord de jouer”. Au poker : “je suis“.

Il y aura toute une série de sites qui, pour différentes raisons, ne joueront pas ce jeu. Sont-ils ou ne sont-ils pas protestants ? La charte de “réseau-protestant” n’implique pas de répondre à cette question.

Il y a dans tous les cas l’espérance de contribuer à la personnalité de ceux qui se revendiquent de la “protestation évangélique” en Suisse Romande.

Ces réflexions n’engagent que l’auteur de ces lignes et non pas les autres acteurs de réseau-protestant.ch !


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