(In)certitudes

Des questions

Cette semaine je me suis senti interpellé par plusieurs situations.

Récemment, le pasteur retraité Pierre Farron a réagit au projet de législature du Conseil Synodale de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud. Cette intervention s’inscrit dans un contexte de polémique à l’égard de ce projet. Le groupe Pertinence a également pris positions à l’égard de ce projet. Suite à cela, quelques-uns de mes proches et amis se sont fait interpellés par le pasteur résident de Crêt-Bérard, Alain Monnard. Quelle est la voix de la jeune génération dans cette discussion?

Sur Facebook, j’ai aperçu un post de la pasteure Nathalie Capo, relayé par le pasteur retraité Armin Kressmann. Ce post dit : “Les ‘jeunesses protestantes’ ont fondé Crêt-Bérard et Vaumarcus. Est-ce qu’il y a une relève?”

Ces deux questions font échos à d’autres situations.

Dans les facultés de théologie que je fréquente, on s’inquiète du manque d’inscrits en début d’études. Dans les lieux de directions et de gouvernances que je fréquente on se réjouirait de voir des jeunes.

Pourquoi répondre ?

D’abord, est-ce que j’ai même à me sentir concerné ?

Je vais vers ma trentaine. Je rentre dans le no-man’s land entre la vie de jeune adulte et la retraite. Suis-je la jeune génération ?

Mais quelque chose d’autre encore me gêne profondément dans la nature des questions et des interpellations. C’est très difficile de mettre des mots dessus.

  • impression de rentrer dans un piège si je réponds.
  • impression que d’emblée je n’aurais pas de légitimité dans ce que je peux dire.
  • impression que ceux qui interpellent ne savent pas ce qu’ils demandent.
  • Du vent

Eclatement

Je veux prendre ce qui se présente à moi au sérieux – ce qui implique que je ne dois pas le faire.

Là où il y a des affirmations, je vois et je sens de la dispersion, un fond qui se dérobe.

Là où il y a des interpellations, des demandes, des questions, je vois de l’arbitraire, des réflexes de survie.

Que quelqu’un pose quelque chose et il sera tout de suite renversé, à grand coup de légitimité.

Alors autant s’évader, profiter, faire autre chose, rêver un moment parce que le reste est déjà assez stupide comme ça.

Je ne veux pas être cynique. Je ne peux pas ne pas l’être. C’est ce que je porte avec ce que j’ai vécu.

L’écologie peut être unifie à nouveau. Mais là aussi, on ne doit pas être naïf : tout repose sur toi. Et tu seras jugé coupable, sans concessions.

Que Dieu convertisse mon coeur !

Désirs

Est-ce que ça veut dire que je n’ai pas de rêves, ou que ma génération n’aspire à rien? Sommes-nous nihilistes ?

Je ne crois pas.

De l’équité, de la véridicité, de la justice, de la cohérence et de la conséquence. Je tiens à ces termes. Comme je tiens avant tout au respect de la personne et plus loin au respect des réalités qui me sont mises entre les mains.

Je tiens à la collaboration et à ce que les personnes puissent s’épanouir et croitre dans leur personnalité et dans leur vie.

Je ne veux pas non plus être naïf. Je sais que la réalité est exigeante, qu’elle est le lieu d’une lutte. Je sais qu’elle est traversée de drames. Et c’est aussi pour cela que je me tiens où je me tiens – et je sais aussi que c’est insuffisant, que c’est partiel, que d’une manière ou d’une autre, c’est à côté de la plaque.

C’est pour ça que je tiens aussi au mot “sagesse” : qui ne renonce pas à rêver et à créer, à agir et à approfondir, même si tout lui dit de ne pas le faire.

Exigences

Alors,

je refuse le silence porté sur les inconséquence. Les réflexions, les actes et les paroles qui ne vont pas jusqu’au bout de la réalité qu’ils engagent m’insupportent au plus haut point.

je refuse ce qui entretient le flou. Les règles non-dîtes, les implicites et les assurances manipulatrices. Ce qui n’est pas dit écrase et étouffe les personnes qui veulent servir. J’abhorre la culture de l’implicite.

je refuse l’humiliation. Je l’ai trop subie. Je veux prendre le temps de comprendre, sans rabaisser. Je veux que la personne qui prend la parole soit respectée et préservée dans sa dignité. Je ne veux pas mettre les personnes face à des échecs programmés. Je hais celles et ceux qui font de l’humiliation un outil pour leurs propres intérêts.

je refuse la loi de la jungle. Nous n’y sommes pas contraints, nous n’avons pas à nous plier à cela et nous n’avons pas à la subir de la part de celles et ceux qui s’y sont soumis-es. Nous pouvons collaborer, nous pouvons construire, nous pouvons et devons expliciter, sans renoncer à réviser !

Qui est nous ? moi en tout cas, et je suis prêt à le croire pour les autres. Je vais me battre contre et pour tout ceux qui tournent la loi de la jungle à leur bénéfice quotidien – et que ce soit le combat de Dieu et non le mien, que j’aime mes ennemis et non que je les haïsse.

Et souvent j’échoue à refuser.

Pardonnes-moi mes offenses, comme je pardonne aussi à celleux qui m’ont offensé.

Des réponses

Pour l’instant je ne peux que répondre cela. Plus je n’en serai sans doute pas capable. Moins non plus.

Trop de pathos, trop d’égo, pas d’arguments. Tout ce que tu veux…

D’autres pourront parler je l’espère, librement. Et répondre sans répondre.

Et ailleurs, faire ce qui est à faire.


Ce(tte) création est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Paternité 4.0 International.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code