GETI 2022 | Journal de bord #7

02.09.22

Troisième jour pour l’assemblée, premier jour de confinement pour moi. Je vais essayer de continuer ce journal.

Heureusement, le livestream me permet de suivre la plupart des grands événements de l’assemblée. Je me suis concentré sur deux pour le 02.09 : la plénière thématique du jour, dédiée à l’Europe et la partie du Business Plenary consacrée à l’Unity Statement. Autrement j’ai lu des choses pour moi, j’ai dormis…

Une interpellation forte

Lors de la plénière thématique j’ai particulièrement été touché par l’allocution de la Dr. Azza Karam, musulmane et secrétaire générale de l’ONG Religions for Peace. Je l’avais déjà rencontré lors d’un colloque international à la Faculté de Théologie de l’Université de Genève. Son intervention lors de cette rencontre visait essentiellement à rappeler aux différents leader présents dans l’assemblée, leur responsabilité à l’égard de toute personne humaine. Mais ce qui m’a le plus touché, c’était sa capacité à redire de manière simple et précise l’étendue de l’amour du Christ pour le monde – un amour qui précisément ne se limite pas aux frontières ethniques, religieuses, sociales, économiques, etc.

L’appel à la responsabilité était lié à un appel à continuer à travailler à étendre l’amour du Christ dans le monde. Deux phrases m’ont fortement touchée :

Because I believe, very firmly, as a muslim, that Christ’s love was meant for me too. […] I believe very firmly that the resurrection of Christ, is meant to symbolize, that moment when we all come together to serve each other regardless of our genders, regardless of our nationalities, regardless of our religions, regardless of our nations. But in order to do so, we have a moral and a political obligation not to be used by the politicians and the political establishments.

Azza Karam, WCC Thematic Plenary 2, 23:49ss.

Il vaut la peine de revoir cette allocution.

Un processus interpellant

Les Business Plenary concerne les décisions stratégiques pour le travail à venir du COE, la composition des différents groupes de travail, l’adoption de certaines affirmations centrales – telle l’affirmation sur l’unité, qui est énoncée à chaque Assemblée Générale depuis 1948.

Ce qui m’a intéressé, c’est de voir comment une assemblée internationale d’une telle taille travaille un texte commun.

D’abord, il faut souligner que le travail de rédaction fait en amont de l’assemblée, en termes de définition de la vision portée par le texte et de l’équilibrage des positions représentées au sein du COE, est déjà très solide. Il arrive à représenter la diversité des communautés en présence. Le texte a globalement été accepté avec enthousiasme : seulement des remarques de légères modifications ou d’ajouts ont été faîtes.

Ensuite, il vaut la peine de souligner que le processus de travail est extrêmement clair et appliqué de manière relativement stricte durant l’assemblée. Les interventions des délégué-e-s suite à la présentation du document doivent être courtes (pas plus de 3 minutes) et elles sont consignées pour pouvoir servir à la révision du document suite aux échos de l’assemblée. Ceci veut dire qu’il y a une distinction claire entre la caisse de résonance que forme l’assemblée et le travail de rédaction qui est confié à la commission en charge de l’Unity Statement.

Finalement, il est à relever que la pratique de la décision par consensus modifie la forme politique de l’assemblée – il ne s’agit plus d’un parlement. Les divisions s’opèrent surtout en fonction des objets discutés durant l’assemblée et non plus en fonction du jeu de pouvoir entre groupes représentés – même si cette dimension n’est jamais complètement absente. Il me semble que c’est un modèle qui permet effectivement de mieux travailler à constituer une collectivité, même si l’on peut craindre qu’il ne permette pas (tout le temps) des prises de position radicales.

Perspectives pour la suite de la semaine

Avec ma quarantaine je suis amputé d’un bout de l’expérience de l’assemblée. Je voulais essayer de continuer les portraits que je fais depuis le début à distance, mais c’est évidemment plus difficile de le faire sans voir les gens directement – les personnes ne réagissent pas forcément à mes demandes, alors qu’en direct elles le feraient.

De plus, il faudra que je vois si j’arrive encore à avoir du contenu pour le journal de bord – notamment ce week-end où le programme de l’assemblée est réduit et où nous étions censés partir en excursion. Pour l’instant je ne me sens pas trop mal – je pense pouvoir continuer à étudier deux-trois choses et à faire des retours au jour par jour.


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