Dire l’Esprit-Saint

L’Esprit-Saint, c’est la personne de la Trinité que l’on ne peut pas décrire. Mais on peut la dire.

Le jésuite Bernard Sesboüé a écrit une brève histoire de la pneumatologie chrétienne. Il l’a intitulée L’Esprit sans visage et sans voix.

Dans ce titre on pourrait voir l’écho de ce texte de l’évangile selon Jean. “L’Esprit, comme le vent, souffle où il veut” (Jn 3,8 – NFC).

Dans la discussion pneumatologique récente, différentes images sont utilisées pour parler de l’Esprit-Saint. Certains on pu parler d’une force de vie (Jürgen Moltmann) ou encore d’un champ de force (Wolfhart Pannenberg).

Le texte biblique lui-même utilise un certain nombre d’images. Le vent, la colombe (Mc 1,10), l’onction (1 Jn 2,26-27), la langue de feu (Ac 2,3-4). Des termes plus abstraits lui sont également attribués : témoignage, vie, joie, vérité. L’Esprit-Saint donne voix.

On utilise des images, des concepts, des impressions glanées dans l’expérience et l’histoire.

Dans mon travail

Actuellement j’explore la compréhension dogmatique de la “spiritualité”. On peut mettre l’accent sur deux choses. 1. La spiritualité s’enracine dans un acte de Dieu. 2. l’Esprit-Saint est l’agent de cette activité ici et maintenant.

Du coup, forcément que comprendre ce que c’est que cet Esprit qui agit ici et maintenant m’intéresse.

Mais au fil de mon travail, je me suis par contre retrouvé confronté à une question : peut-on, en dogmatique, parler directement de l’Esprit-Saint ?

Pour le dire plus techniquement : peut-on parler de l’Esprit-Saint considéré “pour lui-même”, indépendamment de son rapport aux autres personnes de la Trinité (le Père et le Fils) ou de son rapport à la figure du Christ ?

La question peut être vite répondue : bien sûr que l’on peut et on l’a fait. Mais on trouve aussi des pneumatologies qui évitent d’effectuer cette description directe, tout en disant bel et bien quelque chose de l’Esprit-Saint.

L’enjeu

Attention ce sera un peu nerdy.

A. Méthodologiquement

Quand on réfléchit sur la tâche de la dogmatique à partir du mode de la dogmatique elle-même, on ne peut la comprendre comme comme étant elle-même soumise à l’activité de l’Esprit-Saint.

La dogmatique expose le contenu de ce qui est cru par l’Eglise. Elle soumet par ce biais la prédication de l’Eglise à la critique. Elle met en lumière des nouvelles possibilités pour penser et dire la foi aujourd’hui. Sous ces différents aspects, elle est elle-m’eme une poursuite de l’activité de l’Esprit-Saint.

En perspective dogmatique, la théologie de manière générale est une extension de la “spiritualité”. La théologie est une conséquence de l’activité du Saint-Esprit.

C’est la perspective propre à la dogmatique. Cela ne regroupe pas le tout de ce que fait un-e théologien-ne.

Tout ce que le dogmaticien, la dogmaticienne dit et prononce au sujet de la foi chrétienne, de la révélation de Dieu en Jésus-Christ, de l’existence humaine et du monde mis en lumière par cette foi, tout cela n’est vrais que dans la mesure où la même personne espère l’action de l’Esprit-Saint pour la vérité de ce qu’elle dit.

Pour le dire autrement : dans une perspective dogmatique, l’Esprit-Saint, comme personne de la trinité, est le sujet constitutif de toute énonciation dogmatique. Je n’énonce rien du dogme de la foi, si ce n’est par l’Esprit-Saint.

Je le dis en passant, mais il y a différentes manières ensuite de faire sens de cette phrase. On peut le mettre en relation avec une herméneutique de la vie, une histoire du développement humain, une histoire de l’univers, une description du mental – bref, cette affirmation peut se laisser re-expliquer par différents biais.

Or, l’Esprit-Saint peut lui-même devenir un thème de la dogmatique. L’Esprit-Saint est un lieu théologique parmi d’autres. Mais… si on est un peu conséquent, cela voudrait dire qu’au moment où le dogmaticien parle de l’Esprit-Saint, l’Esprit-Saint parlerait lui-même… de lui-même !

Donc la thèse serait la suivante :

§ La description dogmatique de l’Esprit-Saint est une auto-description de Dieu par l’intermédiaire d’une parole humaine, d’une réflexion humaine, d’un langage humain.

Mais cela pose du coup quelques difficultés…

B. Thématiquement

Dans ce qu’on appelle l’économie du salut, l’Esprit-Saint réalise la restauration de l’existence humaine (cf. Ez 37,5 ; Rm 8,2) – tout comme c’est lui qui donne vie à l’être-humain au départ (cf. Gn 2,7). Dans ce que nous pouvons voir, connaître et percevoir, il n’y a d’Esprit-Saint que là où il y a une humanité restaurée.

Par l’Esprit-Saint, l’être-humain peut se tenir auprès du seul Saint – Dieu. Il est en communion avec lui, ce qui veut dire que lui aussi est saint.

Crucifixion, Giotto (?-1337)

Or connaître Jésus-Christ, c’est participer à cette humanité renouvelée – donc obéir au double commandement d’amour, etc. – parce qu’en lui le Saint s’est rapproché de l’être-humain, de celui qui s’était détourné de lui. Connaître Jésus-Christ, c’est avoir reçu l’Esprit-Saint. Croire, vivre et savoir le Christ, implique que mon propre esprit est sanctifié – ce que je ne peux faire de mon propre chef, ce que je ne peux que constater “après-coup”, que je ne peux que constater comme une grâce.

Dans l’économie du salut, l’Esprit-Saint est un don et non une possession. Seul Jésus-Christ exalté à la droite de Dieu (Lc 22,69 ; Ac 2,33 ; Ph, 2,9 ; Hb 2,9 ; 1 Pierre 3,22 ; etc.) a la capacité de donner l’Esprit-Saint plus loin, car lui seul est saint comme Dieu est saint – ce qui est une manière de dire qu’en lui Dieu et l’humanité se font à nouveau face, se sont retrouvés, sont ensembles.

L’Eglise, à la suite de ce don, peut rendre témoignage à Jésus-Christ et par ce fait manifester la réalité du salut dans le monde. Or, le-la dogmaticien-nne fait son travail à la suite de ce mouvement. Le-la dogmaticien-ne, n’est pas Jésus-Christ en personne, ielle est au mieux son témoin – ielle est sur terre et non dans les cieux. Ielle est simul iustus et peccator.

Si on reprend la prémisse méthodologique que j’ai évoqué avant, cela me mène à une seconde thèse :

§ Au moment où ielle se mettrait à décrire l’Esprit-Saint pour lui-même, ielle ne pourra pas décrire autre chose qu’ielle-même comme saint-e et comme saint-e en train d’écrire les lignes qu’ielle écrit.

Comment ne pas être idolâtre quand on fait ça ?

On ne peut pas s’attribuer à soi-même la sainteté : en fait on ne sait pas ce que la sainteté, sans l’aide de Dieu. On ne sait jamais à l’avance ce que c’est que d’être saint au moment où on devrait l’être. Pour la foi chrétienne, on ne peut que regarder et méditer ce qui se passe en Jésus-Christ et ce qui s’est passé dans tout ces hommes qui se sont faits ses témoins.

On peut au mieux espérer que le Saint-Esprit nous sera donné, en conséquence demander sa venue. Veni sancte spiritus.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à dire du Saint-Esprit. Mais que l’on en dira quelque chose que dans la mesure où on laisse l’Esprit-Saint se dire lui-même.

C’est dans la pragmatique de ma dogmatique que va se réfléchir le dire de l’Esprit-Saint. Mais je ne peux pas aller bien au-delà de cette affirmation : je peux seulement écrire.

La responsabilité est laissé à la créativité de l’Esprit-Saint : la responsabilité adéquate de la tâche dogmatique à l’égard de l’Esprit-Saint sera de prendre au sérieux la responsabilité qui lui est donné d’investir un espace de créativité, où le contenu est indissociable de la manière de le formuler et de ses effets dans la réalité.

C’est peut-être à ce moment qu’apparaît le plus clairement qu’il n’y a pas de dogmatique sans liturgie, sans art, sans poésie et sans éthique.

L’image choisie pour illustrer cet article n’est pas une erreur.


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Civisme, religion et spiritualité

La cité idéale

Quand tu te déclares d’une certaine foi – dans mon cas de la foi chrétienne – de quelle cité es-tu le citoyen ?

Avec l’irruption à échelle internationale du Covid-19, on entend ressortir beaucoup l’appel au “civisme” – c’est en tout cas ce que l’on souligne fortement en Suisse.

Mais de quoi parle-t-on ? Qu’est-ce que le civisme aujourd’hui, à l’heure du pluralisme, de l’inter-culturalité, de la culture consommation, d’internet, etc. ?

A) Être citoyen

D’un civisme à l’autre

Le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL – FR) définit le “civisme” de la façon suivante :

Ensemble des qualités propres au bon citoyen; zèle, dévouement pour le bien commun de la nation.

CNRTL

Voilà ce qu’on est appelé à être face au Covid-19 : de bons citoyens, dévoués au bien commun.

Dans l’Antiquité, on était citoyen lorsqu’on jouissait d’un “droit de cité”, c’est-à-dire qu’on pouvait participer à la vie politique et religieuse d’une cité donnée. Maintenant il s’agit plutôt de l’appartenance à un Etat – généralement en Occident, un Etat démocratique.

En Suisse, on est donc renvoyé à notre appartenance cantonale et par extension à l’appartenance fédérale. L’appartenance à un certain régime politique, une certaine administration, la localisation dans un certain espace, l’obtention de certains droits et de certains devoirs – respect des lois, impôts, service militaire ou civil, etc.

Mais dans tout cela, rien n’est encore dit de ce qui fait le “bon” citoyen. Doit-on parler de valeurs communes ? De principes éthiques et moraux fondamentaux ? De respect mutuel et de responsabilité ?

Les principes abstraits et dominants ne sont pas voie d’avenir… mais toujours est-il : qu’est-ce qui fonde mon civisme ici et maintenant ?

Un civisme attendumais pas donné !

Aujourd’hui, qu’est-ce que ça veut dire que d’être citoyen du canton de Vaud et membre de la confédération helvétique ? Quel est le civisme qui y correspond ?

Actuellement, ce que je comprends du civisme, c’est que je ne fais pas preuve de civisme lorsque je ne suis pas les règles d’hygiènes et de comportement édictés par l’OFSP – et que l’on mérite mépris et insulte si l’on ne respecte pas ces règles. Parce c’est une question de vie et de mort !

Et pourtant, je ne sais toujours pas ce qui fait mon civisme. On semble attendre de moi une certaine responsabilité. Est-ce que je l’ai naturellement ? Qu’est-ce qui me permet de comprendre de manière intégrée ce que ça veut dire pour moi d’être citoyen ?

La connaissance de mes droits et de mes devoirs est-elle suffisante pour éduquer ma responsabilité ? L’éducation générale est-elle suffisante pour que chacun soit responsable ?

Apparemment pas… peut-être ? Je ne sais pas…

Ce que je sais cependant, c’est que les seuls fois où j’ai été explicitement engagé dans un développement de mon propre civisme, c’est à l’école secondaire (en 8e année ancien système je crois…) et à la protection civile – et encore, si on fait preuve de bonne volonté. Est-ce que c’est suffisant ?

Des éléments éparses

Par le passé, c’était peut-être l’unité des valeurs communes, le fait que chacun avait une éducation religieuse, que chacun participait du même rythme de vie, qui constituait le civisme des personnes. Je ne sais pas si c’est vrais, je ne sais pas si cette époque a existé – je ne sais pas si j’aurais voulu la vivre. Le fait est que je n’ai pas vécu ça.

Personnellement, mon civisme commence avec la reconnaissance de la valeur inestimable de la personne humaine.

Mas cela, est-ce que je le sais par les droits ? Oui. En partie je pense. Est-ce que je le sais par mon éducation personnelle ? Certainement. Est-ce que je met ça en lien avec mon statut de citoyen, de membre d’un même corps social et politique ? Je ne suis pas certain… depuis mon engagement à la protection civile, oui… depuis que je m’intéresse aux votations peut-être.

Il se trouve cependant que je suis aussi chrétien et pas seulement un vaudois générique. C’est sans doute là que cette reconnaissance trouve, en tout cas pour moi, son ancrage et sa concrétisation la plus forte.

Mais alors, ce n’est pas au nom de la même cité que celle qui me réclame du “civisme”.

B) Être membre du peuple de Dieu

Conflit de citoyenneté ?

En entendant les impératifs de la cité, le chrétien fait face à une contradiction : au bout du compte, il n’est pas premièrement citoyen de tel ou tel Etat. Il est membre du peuple de Dieu : l’Humanité réconciliée avec Celui qui lui fait face. Israël et le reste des nations : un seul peuple.

Ceci relativise toute appartenance citoyenne. Le témoins de Jésus-Christ sur terre appartient bien à une cité. Mais il ne peut s’agir de l’Etat politique sous le régime duquel il vit, ou même de la communauté religieuse dans sa forme visible, locale, contingente, située. Il y a une “autre” cité dont il est le citoyen.

Une cité qui doit encore “venir”, une cité vers laquelle on se rend, qui n’est pas encore là, mais que l’on attend, que l’on espère, que l’on vit déjà maintenant dans l’amour – si on le vit, ce qui n’est pas de notre propre force.

Être citoyen de cette cité implique que l’on a un modèle à suivre qui doit prendre forme dans chaque vie. Jésus-Christ lui-même est la mesure du civisme propre à cette citoyenneté.

Citoyen des cieux et Cité à venir

C’est dans les épîtres que l’on trouve notamment cette idée de l’appartenance à une “autre” cité.

Philippiens 3,20

17 Frères et sœurs, imitez-moi tous et regardez les personnes qui prennent modèle sur nous. 18 Je vous l’ai déjà dit souvent et je vous le répète maintenant en pleurant : il y en a beaucoup qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ. 19 Ils courent à leur perte, car leur dieu c’est leur ventre ; ils tirent gloire de ce qui devrait leur faire honte et ils n’ont en tête que les choses de ce monde. 20 Mais nous, nous sommes citoyens des cieux, d’où nous attendons que vienne notre sauveur, le Seigneur Jésus Christ. 21 Il transformera notre misérable corps mortel pour le rendre semblable à son corps glorieux, grâce à la puissance qui lui permet de soumettre toutes choses à son autorité.

Epître aux Philippiens 3,17-21 (NFC)

Hébreux 13,14

10 Les prêtres qui officient dans la tente de la rencontre n’ont pas le droit de manger de ce qui est offert sur notre autel. 11 Le grand-prêtre apporte le sang des animaux dans le lieu très saint, afin de l’offrir comme sacrifice pour le pardon des péchés ; mais les corps de ces animaux sont brûlés en dehors du camp. 12 C’est pourquoi Jésus aussi est mort en dehors de la ville, afin que par son propre sang, il rétablisse le peuple dans sa relation à Dieu. 13 Allons donc à lui en dehors du camp, en supportant le même mépris que lui. 14 Car nous n’avons pas ici-bas de cité qui dure toujours ; nous recherchons celle qui est à venir. 15 Par Jésus, présentons sans cesse à Dieu notre louange comme sacrifice, c’est-à-dire l’offrande des paroles de nos lèvres qui célèbrent son nom. 16 N’oubliez pas de faire le bien et de vous entraider fraternellement, car ce sont de tels sacrifices qui plaisent à Dieu.

Epître aux Hébreux 13,10-16 (NFC)

Il y aurait beaucoup à dire et à commenter sur ces versets tirés des épîtres – et c’est sans doute trop téméraire de les présenter juste comme ça. – Philippe Golaz, pasteur de l’église réformée à Meyrin, a d’ailleurs travaillé le texte de l’épître aux Philippiens dans son travail de mémoire, accessible ici.

Un civisme contre ce qui n’en est pas un

Ce que je retiens, c’est que dans les deux cas, le fait d’avoir cette citoyenneté spécifique change quelque chose dans les manières de faire et de vivre. Dans l’épître aux Philippiens, une attitude auto-centrée est opposée à une attitude d’engagement envers un Autre. Dans l’épître aux Hébreux, une attitude religieuse est opposée à une attitude d’entraide et de solidarité. Le sens du “sacrifice” en est modifié : ce n’est plus seulement un devoir religieux duquel on doit s’acquitter à part du reste. Au contraire, le sacrifice prend place au milieux de nos actions et interactions les plus quotidiennes.

Un civisme (ré)formé

Ici mon “civisme” trouve une certaine forme, ou du moins une orientation, une espèce de détermination.

La citoyenneté en Jésus-Christ, la participation à cette identité différente de celle conférée par tout autre citoyenneté, forme un certain agir, un certain ethos, une certaine déontologie.

La foi chrétienne n’est certainement pas une foi désengagée où l’on pourrait croiser les bras face à ce qui se passe en attendant la fin des temps. Il y a à agir.

En effet, de même que le corps sans le souffle de vie est mort, de même la foi sans les actes est morte.

Epître de Jacques 2,26 (NFC)

Jésus appelle cette forme d’action “Royaume” – cela même que lui rend présent et manifeste dans le monde (cf. Mc 1,15). Dans les épîtres de Jean et chez Paul, c’est l’amour (αγάπη) qui est cette forme d’action – une forme d’action que l’on n’a pas sans la foi et l’espérance. Car c’est Dieu lui-même qui est cette forme d’action(cf. 1 Jn).

Concrètement : une seule citoyenneté

Est-ce que cette citoyenneté s’oppose à ma citoyenneté vaudoise ? Est-ce que l’on aurait affaire à deux sortes de civismes différents ?

Je ne crois pas – surtout dans la mesure où je ne sais pas vraiment ce qui fait mon civisme vaudois (hormis de payer mes impôts, éventuellement de voter et de me faire reprendre lorsque je ne fais pas ce que l’on semble attendre de moi).

Je crois au contraire que l’appartenance à cet autre cité implique de rendre très concret le civisme attendu dans les moments de crise – et cela quel que soit l’Etat dans lequel on se trouve, quelque soit la culture, la langue dominante, la religion majoritaire, etc.

Ce que l’on peut dire à partir du civisme dans la perspective religieuse s’incarne dans un chemin de spiritualité.

C) Discerner l’action responsable

Marcher concrètement

Le civisme ne se décrète pas par en haut. Il se discerne, il s’éprouve, il se vit concrètement.

Être citoyen du peuple de Dieu implique de discerner jour après jour la forme concrète que va prendre mon action civique là où je me trouve, dans le contexte qu’il m’est donné d’habiter.

L’action responsable au sein d’un monde en plainte, en crainte, en panique, se discerne avec l’aide de l’Esprit-Saint, en écoutant le Christ, en le regardant, en s’arrêtant auprès de lui, en se laissant toucher par lui – entre les lignes des caractères numériques ou imprimés, dans le visage de celui qui me voit, et que je vois.

Lire les Ecritures, écouter la Parole, prendre au sérieux les gémissements du monde, porter la prière à Dieu : prendre Dieu encore plus au sérieux.

Dépossédé, mais avec les autres

Je ne possède pas la bonne action. Je ne sais pas ce qui fait de moi un bon citoyen – Dieu le sait, il me le redit chaque jour en Christ. La seule chose que je peux faire c’est de quotidiennement me mettre à l’écoute et de servir, suivant ce qu’il me sera demandé de faire.

Ici et maintenant : ne pas faire le con. Mais ne pas crier au con non plus. Accompagner le mouvement, participer d’un effort commun de discernement, avec sérieux et bienveillance, esprit critique et empathie.

La spiritualité n’est pas qu’une affaire individuelle: ce qui se passe à l’échelle nationale et internationale est une mise en jeu de la spiritualité des Etats et de leurs membres.

Discernement : le mot clef pour chaque chemin de spiritualité. S’ils ne sont pas soumis à l’épreuve du chemin, les points de repères – religieux, cultures, légaux ou administratifs – ne servent à rien .

Des veuves et des veufs

En ce moment de nombreuses personnes courent, pleurent, attendent – la guérison ou la mort. Ce sont des membres de la cité, des membres du peuple.

Voilà ton chemin citoyen.

1 Hélas ! la voilà seule, à l’écart, la ville autrefois si peuplée ! Elle est comme une veuve, elle autrefois si renommée parmi les autres peuples. Hier princesse dominant les provinces, à présent réduite aux travaux forcés !

Lamentations 1,1 (NFC)

En tant que citoyen, tu n’en es pas détaché. Tu en es solidaire, d’une manière ou d’une autre. En Christ, face à Dieu, dans l’Esprit-Saint, je ne peux me dérober à ma responsabilité : que vas-tu faire?

Voilà ton civisme.


Pour lire plus loin :

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En stress : respire

Respire. Respiration de l'Esprit. Image par Gerd Aldmann (Pixabay)

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Quel esprit t’habites ?

Quel souffle te traverse?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

De la peur

Des informations

Une accélération

Des informations qui s’emballent ?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Beaucoup de décisions…

Beaucoup d’affirmations…

Beaucoup de paroles…

… creuses ?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Quel est ton souffle ?

Si tu n’arrives plus à respirer :

Mesures d’urgences

Si ton prochain n’arrive plus à respirer :

Mesures d’urgences

Sinon…

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Quel esprit te traverses ?

Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde

Rm 12,2 (NFC)

Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Que vas-tu dire ?

Que vas-tu faire ?

Laissez Dieu vous transformer et vous donner une intelligence nouvelle

Rm 12,2 (NFC)

Laisse

Ralentis

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Un corps malade

S’arrête

se repose

Prends le temps

regarde

sens

écoute

ressens

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Après l’urgence

et avant

il n’y en a qu’une

Christ vient

tout bientôt

maintenant

Que vas tu faire ?

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoutes.

Là où tu es

tu n’es pas seul

peur

panique

dénis

suspicion

Tu es là

et toi aussi

écoute

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoute

Vous discernerez alors ce que Dieu veut : ce qui est bien, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait

Rm 12,2 (NFC)

Comment ?

Vous êtes le sel de la terre… la lumière du monde…

Mt 5,13-14

Oui

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoute

Demain

Il vient

Demain

tu serras là

Ecoute

Discerne

Demain

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoute

Respire

inspire

son souffle

Aide

celui qui est à bout

de souffle

à respirer,

depuis trop longtemps

à bout de souffle

Arrête-toi. Respire. Attends. Ecoute

Respire


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Celui qui sème et celui qui moissonne

Récolte de riz

Une personne sème des graine dans un champ. Avec le travail de la terre, de l’eau et du soleil, les graines s’ouvrent et produisent leur plante. Au bout d’un moment et si le climat est favorable, la plante produira du fruit, contenant les graines pour la suite. Une personne récolte les fruits et s’en nourrit.

Est-ce que ça change quelque chose si c’est la même personne ou non ?

Prêcher sur Jn 4,31-38

J’aime bien préparer mes prédications relativement à l’avance. J’ai bien fait, parce que là j’ai croché sur un truc. Un ami pasteur à moi – Etienne Guilloud pour ne pas le nommer – m’avait dit une fois quelques sages paroles qui devaient ressembler à quelque chose du style : prêcher c’est se laisser travailler par l’Evangile. La rencontre avec Dieu vient avec son lot de lutte et d’efforts.

Il est vrai le proverbe qui dit : “Quelqu’un sème et un autre moissonne.” (Jn 4,37 NFC)

Le 15.03.2020 je prêche à St-Cierge (10h00) sur Jn 4,31-38. Le texte présente un interlude entre Jésus et ses disciples au milieu du récit de la rencontre entre Jésus et la femme samaritaine (Jn 4).

J’ai décidé de prendre ce passage parce qu’il m’intriguait. Je n’étais pas certain savoir quoi en faire. Et je crochais. Je n’arrivais pas à faire sens de ce texte. Mais je ne savais pas non plus pourquoi je n’arrivais pas à en faire sens !

Lutter avec le texte

Le texte biblique

Au bout d’un moment, ça m’a fait tilt : il y a quelque chose qui cloche avec cette différence entre le “moissonneur” (ὁ θερίζων) et le “semeur” (ὁ σπείρων). En fait, c’est bien cette image sur laquelle je bloque. Elle paraît pourtant si simple ! Mais beaucoup de choses s’articulent autour d’elle… voyez plutôt :

35 Ne dit-on pas : “Encore quatre mois et ce sera la moisson” ? Mais moi je vous dis, levez les yeux et observez bien les champs : les grains sont mûrs et prêts pour la moisson ! 36 Celui qui moissonne reçoit déjà son salaire et il rassemble le grain pour la vie éternelle ; ainsi, celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. 37 Car il est vrai le proverbe qui dit : “Quelqu’un sème et un autre moissonne.” 38 Moi, je vous ai envoyés moissonner dans un champ où vous ne vous êtes donné aucune peine ; d’autres s’y sont donné de la peine et vous, vous avez bénéficié de leur travail. » Jean 4,31-38

Nouvelle Français Courant

Il y a des problèmes autour de la moisson…

Petit j’ai grandi dans le village de Donneloye, et maintenant j’habite depuis quelques années à Vufflens-la-Ville. J’ai beau avoir les défauts de l’intellectuel, je connais un peu la campagne vaudoise et son rythme de vie.

Une expérience un peu basique

À un moment donné de l’année, on voit l’agriculteur sortir les machines pour le semis, et à un autre on verra les moissonneuses-batteuses soulever la poussière dans les champs. Mais, contrairement à ce que dis Jésus, cela semble être le même qui sème et qui moissonne. C’est d’ailleurs bien sous cet angle que Paul utilise cette figure en Gal 6,7-9 ou qu’on la trouve encore dans le rouleau d’Ezéchiel (cf. Ez 18).

Si conceptuellement je peux comprendre la différence entre le moissonneur et le semeur, sur le plan pratique je ne vois pas ce qu’elle veut signifier. Elle ne me semble pas faire sens.

Ne serait-il pas plutôt vrai que l’on “récolte ce que l’on sème” ?

Ou bien est-ce que je me trompe ? C’est peut-être que je dois encore me laisser travailler.

La dissonance des Evangiles

Je suis du coup allé voir si cette figure de la différence entre le “semeur” et le “moissonneur” apparaît ailleurs dans le nouveau testament. Réponse : oui ! Mais je ne m’en suis retrouvé que d’autant plus perplexe.

Cette figure du moissonneur et du semeur est utilisée dans les deux versions de la parabole dîtes des “talents”. (Luc 19,11-27 et Matthieu 25,14-30).

Dans cette parabole, la figure apparaît dans la bouche du dernier serviteur, celui qui sera condamné par son roi, respectivement son maître :

 20 Un autre serviteur vint et dit : “Maître, voici ta pièce d’or ; je l’ai gardée cachée dans un mouchoir. 21 J’avais peur de toi, car tu es quelqu’un de dur : tu prends ce que tu n’as pas déposé et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.” Luc 19,20-21

“Maître, je te connaissais comme quelqu’un de dur : tu moissonnes où tu n’as pas semé, tu récoltes où tu n’as rien planté. 25 J’ai eu peur et je suis allé cacher ton argent dans la terre. Eh bien, voici ce qui t’appartient.” Matthieu 25,24-25

Nouvelle Français Courant

Dans l’évangile selon Jean, cette figure est rattachée à un événement de réjouissance. Dans la parabole des talents c’est la peur qui a le dessus. Celui qui moissonne est dans une position de puissance – on pourrait presque se dire dans une position d’abus !

D’ailleurs le reste de la parabole semble donner raison à la peur du dernier serviteur : le maître lui retire tout. Dans Matthieu, il va même jusqu’à le renvoyer dans les ténèbres – hors de son Royaume.

Regarder autrement

Si dans un premier temps, ces autres textes m’ont d’autant plus bloqué dans ma compréhension des versets de Jean 4, cette situation a fait son chemin.

Quelle relation de travail ?

Est-ce si vrai que celui qui sème récolte ce qu’il a semé ? C’est-à-dire, est-ce vrai aujourd’hui ? Celui qui sème, c’est celui qui travaille à faire pousser le fruit. Celui qui récolte, c’est celui qui profite du travail de la semence. Celui qui moissonne c’est celui qui profite du fruit de la récolte.

Si l’on regarde très concrètement l’état dans lequel se trouve le monde paysan en Suisse, on peut douter que ce soit réellement les mêmes. Et à en croire le programme d’Action de Carême et de Pain pour le Prochain de l’année 2020, c’est un problème à l’échelle mondiale.

Que reflète concrètement un travail donné ?

Face au texte sur lequel je vais prêcher, c’est des questions beaucoup plus concrètes qui m’assaillent maintenant : si dans une première évidence, il semble que c’est le même qui sème et qui récolte, est-ce toujours vrai si on y regarde de plus près dans les situations concrètes, si par delà les gestes mécaniques on prend en compte la jouissance du fruit de son travail ? Est-ce bien vrai dans les villages dans lesquels j’habite ? Est-ce bien vrai, précisément là où je suis habitué à un certain rythme, à la danse régulière des machines agricoles ?

Pour ce que j’y comprends, nous sommes dans une crise des échanges : les marges que se font les intermédiaires (surfaces de distribution, industries, transformation des produits, etc.) entre le coût de l’exploitation et le prix de vente final est apparemment démesurée. Elle l’est d’autant plus que la fécondité est retirée aux semences, que l’agriculteur devient lui-même entièrement dépendant de ceux qui lui fournissent les graines, qu’il ne peut plus s’appuyer sur la richesse de son propre travail – un genre d’esclavagisme moderne et libéral ?

Ce qui se passe avec les semences est peut-être une image forte des déséquilibres qui traversent notre manière de travailler et de gérer l’exploitation. À ce sujet on peut consulter les nombreux billets de Jean-Pierre Thévenaz sur le sujet du travail, de même que le travail qui est fait par “Chrétiens aux travail“.

Se nourrir de l’Evangile

En conséquence, je crois que dans l’Evangile selon Jean, on a affaire à une conversion de l’image proposée. Ce qui entre hommes est un signe d’injustice et d’oppression, avec Dieu est signe d’abondance et d’accomplissement.

Je n’ai pas épuisé les tensions entre ces textes, mais j’ai quelque intuitions qui me semblent fécondent.

Si, dans la parabole des talents, le dernier serviteur pensait travailler pour une personne comme toute les autres, alors effectivement, il avait de quoi avoir peur, il avait de quoi vouloir limiter la casse. Celui qui sème souffre de celui qui moissonne.

Mais si le serviteur travaille avec et pour le Christ, alors la crainte n’a pas lieu d’être. Car c’est celui qui veut qu’on se réjouisse ensemble. Même plus, ils moissonneront là où ils n’ont pas eu besoin de travailler, parce que quelqu’un d’autre les y précède. (Jn 4,38) Celui qui sème se réjouit avec celui qui moissonne.

Dans la perspective de l’Evangile selon Jean, la question qui se pose est la suivante : saura-t-on reconnaître celui qui se réjouit avec nous et pas contre nous au moment de la moisson ? Car c’est en fonction de lui que nous avons nous-mêmes à travailler, sachant qu’il oeuvre avant, avec et pour nous..

Et toi, comment imagines-tu la relation entre le semeur et le moissonneur ?


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La compétence spirituelle

Poterie

Être compétent spirituellement. Voilà quelque chose que l’on entendra peut-être de plus en plus souvent. Une compétence spirituelle est attendue de la part des ministres dans les Eglises protestantes. Elle l’est aussi dans la formation des jeunes.

JACK B : une formation

En courant de semaine je suis tombé sur cette vidéo du Service Formation et Accompagnement de l’EERV. Tu peux jeter un oeil dessus, elle est sympa !

A priori la vidéo s’adresse à un public précis : celui qui serait JACK A – ou à quelqu’un qui ne serait pas encore JACK ?

Qu’est-ce que JACK ?

Pour ceux qui ne connaissent pas, être JACK est une manière pour un-e jeune de s’engager dans l’Eglise après ou pendant son catéchisme – la formation est commune aux Eglises réformée et catholique dans le canton de Vaud. Dans le contexte de l’Eglise réformée, à côté des groupes de jeunes locaux, c’est un peu promu comme la voie royale post-catéchisme.

Par rapport à l’historique autour des JACK je t’invite à lire l’article d’Armin Kressmann, paru dans Inter Pares novembre 2019. Il l’a partagé sur son blog.

Un pôle en développement

Les JACKs forment un groupe grandissant, qui a mené notamment à la création spontanée d’une instance cantonale : AGORA (ou “Le synode des jeunes”). S’ils ne sont pas représentatifs nécessairement de l’ensemble de la jeunesse de l’Eglise réformée dans le canton de Vaud, ils en sont une expression importante. Côté catholique, on saluera tout ce qui se fait autour de PASAJ.

L’une des grande force du projet JACK est de lier la croissance personnelle dans l’Eglise à des engagements concrets – dans des camps et d’autres activités liées au catéchisme la plupart du temps, mais pas que.

“Compétence spirituelle”

Si cette vidéo a retenu mon attention, c’est en partie parce qu’elle illustre quelque chose que j’ai rencontré dans le cadre de ma thèse. En milieu protestant on voit se développer l’attente d’une “compétence spirituelle”. Si en Allemagne on a pu parler de “compétence théologique” comme un attendu pour les ministres de l’Eglise protestante, l’attente d’une “compétence spirituelle” est plus récente ! Et comme on le voit dans cette vidéo (dès 02:55), elle est aussi une partie de cette formation.

Sabine Hermisson et Spirituelle Kompetenz

Sabine Hermisson – Wuppertal

C’est à la théologienne protestante germanophone Sabine Hermisson, que l’on doit une excellente étude sur cette notion. Voir son ouvrage :

  • Hermisson Sabine, Spirituelle Kompetenz. Eine qualitativ-empirische Studie zur Spiritualität in der Ausbildung zum Pfarrberuf, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2016 (Arbeiten zur Religionspädagogik 60).

Il s’agit d’une étude qui cherche sur la base d’une enquête de terrain à arriver à une construction théorique. C’est une méthode de grounded theory, ou théorie ancrée. L’approche est inductive plus que déductive. Dans cette étude, Hermisson a récolté quantité d’informations sur les cursus de formation au ministère pastoral dans des églises protestantes de langue allemande (Allemagne, Autriche, Suisse).

Trois aspects

Je vais sans doute revenir sur d’autres éléments de sa publication dans des articles ultérieurs. Ici je veux juste mentionner les trois aspects principaux de la “compétence spirituelle”, telle que son étude l’a élaborée.

  1. La spiritualité personnelle : « – la capacité à la clarification, au déploiement, au développement et au soin de sa propre spiritualité ; – l’expérience de sa propre spiritualité comme une partie constitutive de sa propre existence théologique et pastorale » (p. 139)
  2. Les connaissances au sujet de la spiritualité (Sachkenntnisse) : « – des connaissances quant aux méthodes et formes de spiritualité ; – des connaissances quant à différents courants spirituels ; – des connaissances quant à l’histoire de la spiritualité » (p. 139-140)
  3. La communication de la spiritualité : « – la capacité de présenter et de réfléchir son propre cheminement spirituel ; – la capacité à donner des informations au sujet de sa propre spiritualité ; – la capacité à une perception valorisante de différentes formes de piété ; – la capacité à accompagner des personnes dans un cheminement spirituel » (p. 140)

Les cursus de formations que Hermisson a investigué présente, plus ou moins exhaustivement, ces différentes attentes.

Rassemblement des compétences

La compétence spirituelle du JACK B?

La communication de la spiritualité

Dans le cadre de la vidéo qui introduit cet article, la “compétence spirituelle” du JACK B est formulée sous différents titres :

  • Se positionner par rapport à sa propre spiritualité
  • Accompagner autrui dans son cheminement et favoriser son cheminement
  • Comprendre et transmettre des thématiques bibliques

Avec ces éléments on remplirait en tout cas les conditions pour ce qui concerne la “communication de la spiritualité”. Les deux autres aspects sont moins mis en avant par la vidéo.

Cette manière de théoriser la place de la “spiritualité” en terme de compétence est franchement neuve ! Il y aura sans doute encore des évolutions à l’avenir.

Un encouragement à la croissance ?

Ce qui est particulièrement intéressant c’est que la notion de “compétence spirituelle” engage la personne dans un processus de croissance personnelle tout en lui donnant une place dans une mission plus englobante. Le développement personnel prend place au sein d’une histoire plus large, sans que cette histoire noie l’individu.

Tout cela participe dans tous les cas, il me semble, d’une institutionnalisation de la dimension “spirituelle”. Et je crois que ce phénomène doit être pensé comme faisant partie de la “spiritualité” pour le christianisme protestant, et non pas comme lui étant contraire.

Reste encore à penser, à dire et à discerner comment ces expressions de la “spiritualité” protestante (réformée) participent de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Je conclue avec les derniers mots de la seconde épître de Pierre

“Continuez à progresser dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et sauveur Jésus Christ. À lui soit la gloire, maintenant et pour toujours ! Amen.”

2 Pierre 3,18 – NFC


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